Les outils de la protection phytosanitaire raisonnée
Modélisation du risque et traitements déclenchés à bon escient
Depuis une dizaine d’années, la modélisation du risque fongique progresse. Les outils comme MILORD de l’IFV ou les applications SIG VitiMétéo s’appuient sur les données météo locales, l’historique du vignoble et la phénologie de la vigne pour dégager des fenêtres optimales d’intervention. Cela permet de limiter le nombre de passages (durée de protection moyenne d’un soufre : 7 à 10 jours en conditions difficiles) et de cibler les stades clés (floraison, fermeture de la grappe).
- Premier traitement : avant floraison, quand les jeunes grappes sont visibles (stade D), puis à la nouaison et jusqu'à la fermeture de la grappe.
- Surveiller : arrière-saisons humides, conditions reconstituant un microclimat favorable.
Quelques chiffres sur l’usage du soufre en France
- Le soufre demeure la matière active de référence, avec une utilisation sur plus de 90 % des surfaces viticoles françaises, en conventionnel comme en bio (Ecophyto).
- Dosages moyens : 15 à 20 kg/ha par campagne, selon la pression fongique ; une utilisation adaptée permet de réduire ces quantités de 30 % en années sèches (INRAE).
Outre le soufre, les produits à base de bicarbonate de potassium et les biofongicides (oligo-éléments, extraits naturels) connaissent un intérêt croissant, notamment en agriculture biologique, mais leur efficacité dépend grandement des conditions météo et du bon positionnement.
Prévenir l’apparition de résistances
Le recours massif et répété aux mêmes familles de fongicides favorise l’apparition de souches résistantes. Un chiffre : selon l’Anses, entre 25 et 60 % des isolats d'oïdium prélevés dans les vignobles du Sud-Ouest depuis 2015 montrent des formes de résistance à au moins une famille de fongicides (Anses).
- Alterner les modes d’action : privilégier la rotation des substances actives.
- Ne traiter que si la pression l’exige, toujours sur la base d’un diagnostic terrain et/ou de l’outil d’aide à la décision.