Parcours, diplômes et dispositifs : bien choisir sa formation pour devenir viticulteur ou viticultrice en France

Pourquoi le Bac Pro CGEA option viticulture-oenologie reste une clé d’entrée pour débuter ?

Le Bac Pro Conduite et gestion de l’exploitation agricole (CGEA) option viticulture-œnologie est la voie royale pour les jeunes souhaitant aborder la filière dès la fin du collège. Il s’agit de trois années en lycée agricole, alternant cours théoriques (physiologie de la vigne, phytotechnie, pratiques culturaless, gestion) et stages professionnels. Selon AgriMer, plus de 1 200 diplômés sortent chaque année avec cette spécialité en France.

Voici les principaux atouts de ce Bac Pro :

  • Immersion terrain : 16 à 22 semaines de stage en exploitation viticole ou dans une cave coopérative.
  • Approche technique et gestion de l’entreprise : au-delà des cultures, on apprend à piloter un domaine, gérer la commercialisation ou la qualité.
  • Bon tremplin pour l’apprentissage : formations largement proposées en apprentissage via CFA.
  • Passeur vers les poursuites d’études : possibilité de continuer en BTS ou de travailler directement comme ouvrier hautement qualifié ou chef de culture adjoint.

L’option viticulture-œnologie bénéficie d’un solide réseau d’établissements publics et privés en Gironde, Champagne, Bourgogne, Beaujolais ou Vallée de la Loire. L’insertion après ce diplôme est portée par une filière qui employait encore 790 000 personnes (FranceAgriMer, 2022).

Intégrer un BTS Viticulture-Œnologie et ouvrir son avenir professionnel

Le BTS Viticulture-Œnologie reste la référence post-bac. Il s’adresse aussi bien aux jeunes issus de Bac Pro, Bac général ou technologique. Pour y accéder, une solide motivation, un dossier cohérent et une appétence pour les matières scientifiques sont des atouts majeurs. Certains établissements imposent des tests ou entretiens.

Les deux ans du BTS associent enseignements pointus (ampélographie, pathologie de la vigne, vinification, pilotage de production, agroéquipements) et 12 à 16 semaines de stage obligatoire. De nombreux domaines prisent ces stagiaires, ce qui favorise une première expérience terrain valorisable.

Après l’obtention de ce BTS :

  • Entrée directe dans le métier : chef de culture, technicien viticole, conducteur de chai, caviste.
  • Poursuite d’études : licences pro en œnotourisme, en techniques œnologiques ou en commerce des vins.
  • Création ou reprise d’exploitation : indépendant avec aides à l’installation.

Selon l’UNCAOC (Union des œnologues), 85 % des diplômés trouvent un emploi dans les six mois, signe de la forte employabilité du BTS dans tous les vignobles français.

Le BP REA : piloter son exploitation de A à Z

Le Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole (REA), spécialisation viticulture, vise une cible d’adultes en reconversion ou souhaitant formaliser une expérience déjà solide. Il s’obtient souvent par apprentissage ou formation continue, sur 1 ou 2 ans.

Le BP REA n’est pas qu’une formation technique :

  • Approche entrepreneuriale et polyvalente : gestion d’entreprise, choix stratégiques, politique commerciale, conduite des équipes.
  • Contenus très opérationnels : création d’un business plan d’exploitation réelle, ateliers sur la mécanisation, la conduite écologique (certification HVE, bio…)
  • Crucial pour l’accès aux aides de l’État : le BP REA confère la « capacité professionnelle agricole » indispensable pour obtenir la Dotation Jeune Agriculteur (DJA) lors d’une installation en viticulture.

La majorité des BP REA sont dispensés en centres publics comme les CFPPA (Centres de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole), mais aussi dans quelques maisons familiales rurales ou écoles privées de renom (ex : EPLEFPA de Beaune).

Le CS Tracteurs et Machines Agricoles viticoles : un passeport technique

La mécanisation est au cœur de l’évolution de la viticulture, notamment pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre et aux exigences environnementales (pulvérisation de précision, robotisation). Le Certificat de Spécialisation (CS) tracteur et machines agricoles se déroule en 7 à 12 mois (formation adulte ou alternance), axé sur la pratique et la sécurité.

Les points forts :

  • Maîtrise des tracteurs et automoteurs spécifiques à la vigne : chenillés, enjambeurs, interceps, pulvérisateurs de dernière génération.
  • Entretien et maintenance : prévention des pannes et réparations terrain.
  • Valorisation sur le marché du travail : les viticulteurs cherchent en priorité des ouvriers qualifiés polyvalents, notamment pour la taille, le travail du sol, l’épamprage et les vendanges mécanisées.

Une formation particulièrement recherchée dans le Bordelais, la Champagne et le Languedoc, où les grandes exploitations se mécanisent à marche forcée (FranceAgriMer, 2022).

Préparer le Diplôme National d’Œnologue : entre univers enseignement supérieur et viticulture

Le Diplôme National d’Œnologue (DNO) s’obtient en deux ans après une licence scientifique (biologie, chimie, agronomie). On compte neuf universités françaises agréées, d’Angers à Dijon, de Montpellier à Bordeaux.

Ce diplôme se distingue par :

  • Un haut degré d’expertise en chimie, microbiologie, analyse sensorielle : gestion globale du processus de vinification et conduites de caves complexes.
  • Des responsabilités élargies : encadrement, recherche et développement, audit et conseil technique auprès de domaines ou de négociants.
  • Stage long et mémoire professionnel : 500 heures minimum sur 2 ans au sein de structures de pointe.

À la différence d’une formation purement viticole (BTS, Bac Pro, BP REA), le DNO mène prioritairement à des fonctions œnologiques : maître de chai, œnologue-conseil, responsable qualité ou directeur technique. Selon l’Union des Œnologues, 40 % des diplômés évoluent en France, le reste à l’étranger, preuve d’une forte attractivité sur les marchés mondiaux.

Des formations continues d’excellence avec l’IFV et les CFPPA

L’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) et les CFPPA proposent aux professionnels et adultes en reconversion un catalogue de modules courts (quelques jours à plusieurs semaines).

Exemples de thématiques récentes :

  • Palissage et taille de précision
  • Gestion durable des sols viticoles
  • Conversion Bio et HVE (Haute Valeur Environnementale)
  • Utilisation des outils connectés (capteurs, drones, GPS)
  • Préparation à la conduite de machines agricoles

Ces modules s’adaptent aux calendriers des salariés ou entrepreneurs, offrent un excellent réseau d’intervention et permettent la montée en compétences « à la carte ». Dans certains départements, ces stages sont soutenus par des fonds publics ou régionaux (cf. Plan Vigneron Occitanie).

Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) : la carte pour les ouvriers qualifiés

Le CQP Ouvrier Qualifié Vigne & Vin est une reconnaissance professionnelle obtenue à l’issue d’un parcours en entreprise, souvent par la voie de l’alternance ou, dans certains grands groupes (LVMH, Moët&Hennessy), via une validation des acquis en interne.

Le CQP atteste de la maîtrise de nombreux gestes techniques : taille, conduite du tracteur, traitement, vendanges, gestion du chai. Plusieurs maisons de Champagne l’utilisent comme critère de recrutement : selon Avize Viti Campus, 69 % des embauches ouvrières exigent désormais la présentation d'un CQP ou d'une expérience validée équivalente.

Il permet d’évoluer vers des postes de chef d’équipe ou de référent technique, notamment dans les coopératives dynamiques du Sud-Ouest et du Val de Loire.

Se former à distance : MOOC et webinaires viticoles en plein essor

Les MOOC viticoles (Massive Open Online Courses) accessibles sur FUN-MOOC ou campus du CNIV (Comité National des Interprofessions des Vins) offrent, sans condition de diplôme, des bases solides ou des spécialisations pointues : viticulture bio, biodiversité, techniques œnologiques durables, marketing du vin.

Quelques incontournables :

  • MOOC "Viticulture et Œnologie : une filière en transition" par Montpellier SupAgro
  • Webinaires IFV sur la lutte contre le dépérissement du vignoble
  • MOOC "Agroécologie et agriculture biologique" pour les vignerons voulant s'initier à la certification AB

En 2022, plus de 11 000 personnes ont suivi ces parcours en ligne (source : Agreenium).

Reconversion professionnelle : VAE, CPF, AFPA et autres dispositifs d’accompagnement

Beaucoup de nouveaux venus dans la viticulture sont des adultes en reconversion. Plusieurs outils existent pour faire reconnaître ses compétences ou accéder à une formation financée :

  • VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) : transformer une expérience professionnelle agricole ou para-agricole (salariat, bénévolat…) en diplôme officiel (CAPA, BP REA, Bac Pro…).
  • CPF (Compte Personnel de Formation) : financer tout ou partie de modules courts ou de formations longues, y compris à distance.
  • AFPA (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) : propose des parcours certifiants pour adultes, accessibles partout en France.
  • Plan Régional de Formation (PRF) : en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, de nombreuses aides régionales ciblent la formation viti-vinicole.

L’appui administratif des Chambres d’Agriculture, Missions Locales et Pôle Emploi facilite l’élaboration du dossier ou l’aiguillage, notamment pour les profils en reconversion urbaine.

Modules courts, journées techniques : s’appuyer sur l’offre des Chambres d’Agriculture

Au-delà des cursus diplômants, les Chambres d’Agriculture organisent toute l’année des formations de perfectionnement ou des ateliers spécialisés en immersion sur le terrain :

  • Formation à la taille guyot ou cordon de Royat, reconnue pour sa valorisation immédiate.
  • Perfectionnement à l’ébourgeonnage mécanique ou au palissage.
  • Initiation à la gestion des maladies (mildiou, oidium) avec les dernières solutions de biocontrôle.
  • Sessions en partenariat avec les instituts locaux ou le réseau des lycées agricoles.

De nombreux modules sont éligibles au CPF ou peuvent être pris en charge par Vivea, le fonds dédié aux chefs d’exploitation ou conjoints-collaborateurs.

Vers une viticulture en mutation : choisir sa formation, c’est aussi choisir son avenir

Entrer dans la filière viti-vinicole demande plus que jamais adaptation et engagement : robotique, bio, gestion durable, œnotourisme… Les voies sont nombreuses, les besoins évoluent. Le secret d’un choix efficace ? S’informer, explorer les cursus adaptés à sa réalité (jeune, adulte, en reconversion, professionnel en poste), profiter de la richesse des dispositifs proposés sur tout le territoire. Aujourd’hui, plus de 80 000 exploitations viticoles cherchent à recruter, se transmettre ou innover : à chaque passionné son chemin, pour contribuer au renouveau d’une filière qui ne cesse de se transformer.

Pour aller plus loin :

Sources : AgriMer, IFV, UNCAOC, Avize Viti, Agreenium, FranceAgriMer, Ministère de l’Agriculture, Chambres d’Agriculture & réseaux CFPPA.

Pour aller plus loin