Le secret d’un bon compost repose sur l’équilibre des matières carbonées (dites « brunes ») et azotées (dites « vertes »), ainsi que sur l’activation naturelle de cette biomasse par des conditions idéales d’oxygénation et d’humidité.
L’apport de diversité dans les matières accélère la décomposition et enrichit la complexité du compost, profitant ainsi à la diversité microbienne essentielle à la santé du sol.
L’organisation du site de compostage doit s’adapter à la taille de la ferme et à ses contraintes d’exploitation. Deux méthodes principales se prêtent à un usage maraîcher :
Dans les deux cas, il est important de veiller à :
| Étape | Détail | Point clé |
|---|---|---|
| Préparation des matières | Broyage grossier pour les grosses tiges, mélange homogène des déchets | Facilite l’aération et l’attaque microbienne |
| Mise en tas | Alternance de couches brunes (5-15 cm) et vertes (5-10 cm), humidification entre chaque couche | Respect du rapport C/N, pas trop tassé |
| Montée en température | Le tas chauffe (50-65°C), phase thermophile éliminant pathogènes et graines | Surveiller la température pendant 2-3 semaines |
| Brassage | Retourner le tas toutes les 2 à 4 semaines, vérifier l’oxygénation | Éviter l’asphyxie et relancer la fermentation |
| Maturation | Refroidissement progressif (2 à 4 mois), maturation finale à l’abri | Compost mûr quand la matière est sombre et sent la terre forestière |
L’humidité doit être vérifiée régulièrement : le compost doit être humide comme une éponge essorée. Trop sec, il s’arrête ; trop mouillé, il pourrit. Si besoin, ajouter de l’eau propre ou rééquilibrer en intégrant du broyat sec si le tas est saturé.
Le compost mûr agit comme un levier puissant dans la planification des rotations maraîchères en permaculture. Il s’intègre à la surface ou à faible profondeur, au moment opportun :
La quantité préconisée varie de 4 à 8 kg/m²/an selon la nature du sol et l’extraction annuelle des cultures. Le compost frais (<6 mois) peut être réservé au paillage, mais le compost mûr (8 à 12 mois) est préférable pour l’incorporation au sol. En associant compost, engrais verts, couvre-sols et cultures associées, on maximise la fertilité — stratégie inspirée des meilleures pratiques permacoles (cf. Sepp Holzer, « Permaculture », 2010).
Les observations réalisées par le réseau Maraîchage sur Sol Vivant (France) montrent que les fermes ayant intégré le compost en permaculture constatent une augmentation de la productivité de 10 à 20 % sur 3 ans, une meilleure résilience des sols face au stress hydrique, et un net recul de certaines maladies racinaires (solvivant.fr).
En permaculture, chaque geste vers la fabrication et l’utilisation de compost renforce la circularité et la souplesse des systèmes agricoles. Il encourage la transmission des savoir-faire, développe le sens de la responsabilité écologique et garantit la fertilité sur le long terme, générant une valeur ajoutée aussi bien agronomique qu’économique. La production de compost à l’échelle d’une ferme bio s’inscrit donc dans une logique d’autonomie, de résilience et de partage, au cœur de l’esprit « avenir viti-agricole ».