Exemples d’associations classiques et innovantes pour la rentabilité et la biodiversité
Plusieurs schémas d’associations ont fait leurs preuves, tant dans les jardins maraîchers que sur de plus larges exploitations viti-agricoles.
L’association céréale-légumineuse : un incontournable de la rentabilité
Le binôme blé (ou orge) avec une légumineuse (pois, féverole, vesce, lentille) s’avère particulièrement pertinent en bio et en permaculture.
- La légumineuse capte l’azote atmosphérique et en restitue une partie au sol, réduisant ainsi l’apport d’engrais.
- Ennemi commun – les adventices – : l’association bouche l’espace et limite leur développement.
- Répartition du risque : en cas de contre-performance d’un des partenaires, le deuxième compense.
- Sécurisation financière : possibilité de récolter et commercialiser deux produits en un (grain + fourrage, ou alimentation humaine).
Selon Arvalis-Institut du végétal, le rendement combiné (en équivalent céréale) dépasse souvent le rendement d’une céréale pure, tout en apportant de la stabilité interannuelle (source : https://www.arvalis-infos.fr/actualites/associations-culture-cereale-legumineuse-avantages).
Maraîchage intensif sur planches permanentes : le tryptique “carotte-poireau-laitue”
- Laitue (croissance rapide, récolte précoce, couvre-sol efficace)
- Carotte (racine principale valorisée après le départ de la laitue)
- Poireau (cycle long, implanté au départ ou repiqué après la récolte de laitue, structurateur de sol et champion de la succession)
En jeux de densité et de décalage de plantation, ces cultures maximisent les revenus/ha. La laitue couvre le sol, limite les adventices et libère la place pour que la carotte se développe. Le poireau, plus lent, prend ensuite le relais.
Agroforesterie et haies multitâches : mutualiser l’espace et les fonctions
Les systèmes agroforestiers (culture intercalée avec arbres fruitiers, RIP – haies champêtres) séduisent par leur polyvalence : ombrage, abri pour les auxiliaires, ralentissement du vent, enrichissement du sol en profondeurs par les racines d’arbres, production fruitière additionnelle. Selon l’INRAE, l’agroforesterie augmente de 20 à 30% la biodiversité utile sur parcelle.
Exemples d’associations arborées
| Culture annuelle |
Arbre/Arbuste |
Bénéfices |
| Blé tendre |
Noyer, pommier |
Rendement cumulé (grain + fruits), stockage carbone, potentiel fourrager sous arbres |
| Maraîchage diversifié |
Haie de noisetiers, saules, prunelliers |
Coupe-vent, abri auxiliaires, biomasse à valoriser (BRF, paillage) |
Vigne et inter-rang fleuri : booster la diversité et la pollinisation
- Vigne + féverole, luzerne ou sainfoin en inter-rang : semer des légumineuses au pied des ceps réduit l’érosion, enrichit le sol et attire abeilles et syrphes, auxiliaires de la lutte biologique.
- Fleurs indigènes et aromatiques (bourrache, calendula, souci, thym) : renforcement des pollinisateurs, coupe-vent et refuges pour les prédatrices de ravageurs.
Des expérimentations en Alsace (source : Institut Français de la Vigne et du Vin) montrent une augmentation de la biodiversité de 25 % grâce à l’installation de bandes fleuries en viticulture bio.