Publié le
Samedi 25 juillet 2020

[Une vie avant l'agriculture] “C’est un métier plus gourmand en temps, mais plus satisfaisant”

Sébastien Tronchet est installé à Chérancé, commune de la Sarthe dont il est aussi le maire.
Sébastien Tronchet est installé à Chérancé, commune de la Sarthe dont il est aussi le maire.

Sébastien Tronchet, 42 ans, est installé en aviculture et céréales à Chérancé, petite commune du nord Sarthe dont il est également le maire.

Tout jeune, il allait travailler chez ses cousins ou ses voisins qui avaient des exploitations. Ses parents étaient à l’usine et exploitaient 7 ha. Ils ne l’ont pas soutenu dans son souhait de suivre des études agricoles : “J’ai fait une filière Bac STI et BTS maintenance industrielle. Hutchinson, une filiale de Total qui fabrique des joints pour l’automobile où j’avais fait les stages, m’a embauché à la sortie de mes études. D’abord comme technicien, puis comme responsable d’une équipe de douze personnes. Il fallait parfois être disponible 7 J/7 pour que les chaînes continuent de tourner.”

“Le plus dur quand on vient de l’extérieur, c’est d’accéder au foncier”

Après cinq années à l’usine, en 2005, il relance son idée de s’installer en agriculture. Il entame un BTS ACSE par correspondance. En deux ans il est diplômé. Il se met donc en recherche pour s’installer : “J’ai essayé plusieurs pistes, je cherchais en volailles et cultures, je me suis positionné sur une reprise mais ça n’a pas abouti. Une installation en association a aussi été étudiée, mais je ne le sentais pas. Le plus dur quand on vient de l’extérieur, c’est d’accéder à du foncier.”

En 2012, Sébastien Tronchet se replie sur les 7 ha familiaux et engage une installation sans lâcher son travail. Il construit un bâtiment d’élevage de volailles de chair de 1 400 m² : “J'ai cherché la sécurité. Je voulais tester, savoir s’il fallait développer cet atelier, un autre, ou conserver mon travail. La volaille m’a bien convenu. C’est très technique, il faut suivre tous les paramètres et réagir rapidement. Et il y a pas mal de maintenance avec les automatisations. Mon expérience dans l’industrie m’a bien aidée. J’ai continué de recherche des surfaces, il a fallu se battre pour obtenir 5, puis 12 autres ha.”

“C’est une production passionnante, toute la famille s’y intéresse”

En 2014, il s’installe à temps complet. C’est un petit pincement au cœur car il faut laisser ses collègues de l’usine. Il embauche dans la foulée un salarié à temps partiel. Tous ces chamboulements le questionnent sur une éventuelle perte d’ouverture vers l’extérieur. “Je me suis dit qu’un poste d’adjoint m’aiderait à conserver une fonction hors de l’exploitation, je me suis retrouvé maire !” Mais avec ce planning séré, il a dû arrêter de jouer de la musique dans des soirées.

“Cette phase a été plus facile, j’étais plus confiant, ma conjointe me suivait, les premiers résultats de lots étaient encourageants. C’était plus facile d’argumenter le projet pour passer à 5 000 m² de bâtiment. Et le voisinage a plus facilement accepté le projet car il n’a pas perçu de nuisances avec le premier bâtiment.”

Avec 5 000 m² qui permettent de produire dindes, poulets, les évolutions sont fréquentes : lumière naturelle, baisse de densité, arrêt des antibiotiques, etc. Il a aussi atteint l’autonomie pour le compostage et l’approvisionnement en paille. Pour ce père de trois enfants, “c’est un métier et une production passionnante, en constante évolution, toute la famille s’y intéresse. Mon fils de 15 ans, qui suit des études agricoles, et mon épouse peuvent me remplacer. C’est un métier plus gourmand en temps mais plus satisfaisant.”

Daniel Denos
Le journal
27 novembre 2020 - N° 48
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