Publié le
Vendredi 12 avril 2013

Une mobilisation pour toucher les élus au bon moment

Prix, normes, environnement, concurrence déloyale: le monde de l’élevage dénonce tous ces freins à la compétitivité et à l’entrepreneuriat, ou du moins les excès. C’est le discours des temps de crise.
Presser le gouvernement à apporter des réponses d’urgence, mais aussi structurelles. Voilà le sens de cette mobilisation nationale. Ces dernières semaines, le gouvernement semble pourtant avoir promis plusieurs avancées dans l’intérêt des éleveurs.
“Concilier la performance économique des activités agricoles et le respect des exigences environnementales”, est le signal envoyé, début mars, par les ministres Le Foll et Batho (Ecologie). “Les ministres défendent le stockage au champ du fumier compact pailleux pendant dix mois”, avaient-ils fait savoir. Depuis, la 5e directive nitrates est renvoyée en relecture, et son application, reportée d’un an, sans doute après modifications. On est loin du contexte qui a conduit aux manifestations en novembre.
De plus, le gouvernement vient d’activer une réforme de réduction des normes, bête noire du monde agricole. Une promesse, mais aussi une obligation: entre 2008 et 2011, les nouvelles normes ont coûté 2 milliards d’euros supplémentaires à l’Etat français. Le pays compte 400000 normes en tous genres.
Guillaume Garot et Stéphane Le Foll se sont par ailleurs engagés à redonner du souffle à trois filières: après la table ronde sur le lait, lundi dernier, celles du porc (lundi) et de la volaille (jeudi), aux objectifs plus larges de “restructuration”, vont suivre. Stéphane Le Foll est aussi très actif à Bruxelles pour défendre de meilleurs soutiens de la Pac en faveur des éleveurs. Il vient d’obtenir un geste de la MSA pour prendre en charge les cotisations sociales des éleveurs les plus en difficulté, et a mis en place des aides spécifiques, dont 20 millions d’euros pour les éleveurs laitiers: “Trop peu”, juge la FNSEA, qui a calculé que cela représentait “2000 euros par jeune installé”.
Le ministre a aussi présenté un plan méthanisation, pour offrir de nouveaux revenus aux élevages français. Et le gouvernement préparent à rendre “plus équitables” deux lois: la loi d’avenir de l’agriculture, et la LME (commerce et économie), cet été.


La LME, “le dernier levier pour obtenir des avancées concrètes”



Depuis 2009, la LME favorise largement la grande distribution, qui impose sa loi. Cette réforme serait le métronome de la mobilisation d’aujourd’hui. “La LME, c’est le dernier levier pour obtenir des avancées concrètes pour les agriculteurs, juge Philippe Jehan, le président de la FDSEA53. La seule solution, c’est d’inscrire en toute transparence la répercussion des matières premières en pied de facture. Sinon, cela ne sert à rien de faire rêver les gens.”


La FNSEA a calé deux dates: le 23 juin, date à laquelle Paris verra arriver une “tran­shu­mance” d’agriculteurs venus des quatre coins de la France. Et ce 12 avril, qui reste dans la dynamique du congrès de la FNSEA pour les militants, et se trouve avant les prochains travaux des champs (maïs, etc.). Le vendredi, c’est aussi le jour où les parlementaires rentrent dans leur circonscription. Xavier Beulin a déjà fait parvenir une lettre ouverte aux députés et sénateurs, pour les sensibiliser aux arguments qu’ils entendront devant les préfectures. La répercussion des hausses des coûts de production et un étiquetage des produits français en grande distribution, en sont deux priorités. “Les discours sont très encourageants, maintenant, il faut du concret.” Les parlementaires seront vraisemblablement appelés à discuter de la future LME de Benoît Hamon, dès juin.


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7 août 2020 - N° 32
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