Publié le
Vendredi 20 mai 2016

Une Cuma à trente adhérents et trois salariés

Deux tiers des adhérents ont des vignes et ce n'est sans doute pas anodin. « En viticulture on a cette culture de l'emploi salarié, on est habitué à avoir recours à de la main d'œuvre », observe le président de la Cuma des Trois pierres Thierry Grimaud. Le premier salarié a été embauché en 2000. Aujourd'hui, la Cuma en compte trois à temps complet et fait même appel à un groupement d'employeurs pour un mi-temps.


Les trois ouvriers agricoles travaillent toute l'année sur neuf exploitations agricoles. L'hiver, c'est la taille des vignes. En avril c'est plus creux, puis en mai et juin, c'est le remplacement de pieds de vigne, l'épamprage, le palissage. Ensuite ce sont les chantiers de fanage et pressage, qu'ils effectuent pour une autre Cuma (la prestation est facturée par la Cuma des Trois pierres). Après les congés d'été en août, les trois salariés conduisent les machines à vendanger.



Le planning annuel est assez similaire d'une année sur l'autre. « Chaque adhérent s'engage sur un nombre de semaines de travail, mois après mois, le salarié sait donc à l'avance où il va aller » raconte Thierry Grimaud. Pour les chantiers de pressage ou de vendanges, ils sont à trois sur deux machines, ce qui permet de travailler en continu, de gagner en productivité et d'optimiser ainsi l'utilisation des équipements. Lors de périodes plus creuses.



Polycompétence



Les trois hommes sont qualifiés à la fois pour le travail manuel et la conduite de machines. Cette polycompétence est précieuse, compte tenu de la diversité des tâches. La Cuma peut aussi se réjouir de savoir garder ses employés. Ici, très peu de rotation, un seul est parti (pour s'installer). « S'ils restent c'est sans doute qu'ils sont contents de travailler ici! » sourit le président de la Cuma.



Côté gestion, si le planning n'est pas si compliqué à gérer, il faut évidemment un minimum de discipline et d'organisation. Un des adhérents est chargé de gérer toute la partie administrative, l'union des Cuma se charge de rédiger les contrats de travail et fiches de paie. Chaque “cumiste” s'engage pour l'année et verse des parts sociale pour chacun des salariés. Mais si une crise survient et contraint des adhérents à avoir moins recours à la main d'œuvre? « On ne peut pas se désengager sans avoir trouvé une solution collectivement au sein de la Cuma ».



Former les salariés à l'entretien des machines permettrait de combler les éventuelles périodes plus calmes. Une réflexion est en cours au sein de la Cuma. Cela permettrait surtout de réduire les coûts d'entretien, mais il faudrait alors s'équiper d'un atelier. « Nos salariés ont entre 28 et 45 ans, quel sera le profil de nos exploitations dans quinze ou vingt ans?  auront-elles encore besoin d'eux? » s'interroge encore Thierry Grimaud, avant de répondre : « Je ne m'inquiète pas trop ».


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4 décembre 2020 - N° 49
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