Publié le
Vendredi 7 août 2015

Un bâtiment qui laisse les vaches à ciel ouvert

Au Bourgneuf-la-Forêt, Gilles et Jennifer Linay-Pottier produisent 625 000 l. Quand ils se sont installés en 2008 en Gaec avec Bernard et Marie, les parents de Gilles, l'outil était vieillissant, il accueillait 40 vaches, pour 400 000 litres. La salle de traite datait de 1989. La réflexion a d'abord porté sur la salle de traite. Il a été décidé d'acheter un robot, puis de construire un bâtiment neuf, plutôt que d'agrandir l'ancien (il y aurait eu des contraintes liées à la proximité d'habitations voisines). “On voulait un bâtiment simple, pas une cathédrale : cela ne sert à rien d'avoir 10 m de haut pour abriter des vaches” explique Bernard Linay. Avec l'association des éleveurs de Blondes d'Aquitaine, dont il est l'un des piliers, il a pu voyager en Suisse : “J'y ai vu beaucoup de bâtiments en bois. Cela m'a attiré. On en a visité. Cela m'a plu.” De son côté, l'entreprise Roiné, basée à Domalain (Ille-et-Vilaine), a développé des bâtiments légers, sur un cahier des charges de l'Institut de l'élevage. “On a sorti le premier bâtiment Stabeco au Space 2008. Malheureusement, la crise du lait de 2009 a bloqué les investissements pendant deux ans” raconte Yann Auffret, le commercial. Un premier bâtiment a toutefois pu être monté en Dordogne en 2009. Depuis, une quinzaine a vu le jour, et une quinzaine supplémentaire a été vendue. Après un démarrage timide, le Stabeco convainc. A l'instar, du Gaec Linay-Pottier.

Faible hauteur

Le principe : “On ne couvre que les logettes et la table d'alimentation.” Ici, cela donne trois modules de 54 m de long (deux sur les logettes, un sur la table d'alimentation). Ils couvrent aussi le bloc traite. Entre les toits, le ciel : les aires d'exercice sont en partie non couvertes. Pas besoin de hauteur : 3,10 m pour le passage du tracteur sur la table d'alimentation (jusqu'à 3,40 m au plus haut), ou 2,80 m pour les logettes. On repère les vents dominants pour orienter la toiture de la table d'alimentation et éviter que l'air ne s'y engouffre.

Les utilisateurs n'y voient que des intérêts. Tout d'abord, “le bien-être des animaux et des éleveurs. C'est du confort, mais cela ne veut pas dire 'luxe' ; au contraire, il n'y a rien de superflu” commente Bernard Linay. Les bâtiments sont parfaitement ventilés : ainsi, il n'a pas fait trop chaud pendant les épisodes de canicule, ni trop froid l'hiver. Cela dit, les vaches ne craignent pas le froid. “Les vaches ont besoin de soleil pour la lumière, et de se mouiller pour se déparasiter” ajoute l'éleveur. L'aire d'exercice découverte de 135 m2 leur offre cela. Autre avantage : en été, avec la ventilation, les vaches n'ont plus de mouches.

Atout prix

L'autre gros atout, c'est le prix : on estime une économie de 20 % par rapport à un bâtiment classique. Ici, l'investissement a été de 70 000 euros (pour 90 logettes), avec de l'auto-construction pour le bardage. Au bout des travées, les éleveurs ont fait installer des filets brise-vent Agrotel.

Ce bâtiment a été monté en octobre dernier. C'était le premier en Mayenne pour Roiné. Outre le bois, il utilise de nouveaux matériaux, comme le Thermibloc, composé à 80 % de bois et 20 % de ciment, pour l'isolation extérieure. Les éleveurs ont aussi investi dans des logettes en PVC souples qui évitent aux vaches de se faire mal. Ils viennent d'installer une brosse à vache.

Seul bémol que les éleveurs ont rencontré : les gouttières. Il devait y en avoir trois par pan, soit neuf en tout. Leur positionnement était gênant. La solution a été trouvée : en montant un chaîneau (fond plat, plus large), qui conduit l'eau à une sortie unique en bout de toit.

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