Publié le
Vendredi 17 juillet 2015

Soja : sortir de la dépendance

La France importe 50 % de ses besoins en protéines végétales. Ici, des parcelles en Argentine.
La France importe 50 % de ses besoins en protéines végétales. Ici, des parcelles en Argentine.

Peut-on développer du soja français non OGM ? La demande s’amplifie et l’intérêt grandissant pour la production de protéines locales tracées non OGM ainsi que les mesures d’encouragement de la nouvelle Pac peuvent y contribuer.

La culture des plantes OGM est interdite en France mais on les importe. Montoir-de-Bretagne, Brest ou Lorient sont quelques-unes des portes d’entrée du soja transgénique importé du Brésil et de l’Argentine. A titre d’exemple, ce sont environ 600 000 tonnes qui débarquent par cargo chaque année au port de commerce de Kergroise (Lorient). Direction, les élevages de l’Ouest. Selon le Pôle agronomique de l’ouest, dans cette région, l’équivalent de 3 millions d’hectares de soja sont importés. Si cette dépendance protéique se réduit considérablement dans l’élevage porcin - le soja ne représente que 1 à 2 % des composants de l’aliment – il est plus difficile de trouver des produits de substitution pour les volailles et les porcelets. “En revanche, pour les bovins, on pourrait complètement s'en passer et les résultats seraient similaires” estime Hervé Vasseur, le président de Nutrinoë, l’association des fabricants d'aliments bretons. “Mais dans l'esprit des éleveurs bovins, le soja reste la protéine qui permet d'avoir la meilleure protéine. C'est culturel.” Le soja est considéré comme un complément indispensable des céréales. Son importation, supérieure à un million de tonnes en 1973, a triplé dès le début des années quatre-vingt, pour culminer aujourd’hui à 4,5  millions de tonnes par an. Mais la volonté de produire un soja français et de parvenir à terme à notre autosuffisance protéique s’amplifie dans l’Hexagone.="text-align:>

Un contexte favorable au développement


“L'objectif est de passer à 100 000 hectares cultivés sur le territoire français dès cette année”, contre 75 000 hectares en 2014, a déclaré Gérard Tubéry, le président de la Fédération des producteurs d'oléagineux et protéagineux (FOP), le 23 février au Salon de l'agriculture. A terme, la France a le potentiel pour 200 000 hectares. Le plan protéines végétales 2014-2020, doté d'une enveloppe globale de 49 millions d'euros, a été lancé l'an dernier pour encourager les cultures de soja ainsi que les protéagineux. Portée également par la nouvelle Pac, la culture du soja non transgénique profitera de mesures concernant la diversification des assolements. Celles rendant le soja éligible aux aides couplées (6 millions d’euros prévus dès 2015) et utilisable comme surface d’intérêt écologique (SIE) sont des d’atouts économiques. 

De leur côté, les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire abordent le volet soja via le plan “SOS Protein”. “Pour l’instant, nous en sommes au stade de l’étude de faisabilité. On mène une analyse climatique et on mesure l’adaptabilité des variétés” précise Nina Rabourdin, ingénieur régional chez Terres Inovia (ex Cetiom), l'institut technique des producteurs d'oléagineux à Rennes. Une cartographie devrait être publiée en 2016. Pour l’instant, deux grands bassins produisent du soja en France. Le Sud-Ouest (50 à 65 % de la production française) en irrigué et l'Est (35 à 50 % de la production), surtout en sec, et 10 % en bio. Actuellement, des investissements sont en cours dans trois unités de trituration, dont le Grand-Ouest (mise en service prévue en 2016) afin d’optimiser les circuits entre approvisionnements et débouchés. L’objectif étant de rendre le tourteau de soja français compétitif face au soja importé.

Nathalie Barbe

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Nathalie Barbe

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