Publié le
Vendredi 3 janvier 2014

Sifdda : l'équarrisseur veut sauver sa peau

La filiale de Saria Industries conteste l'attribution de nouveaux marchés à ses concurrents, à ses dépens. Elle perd notamment l'activité de la Mayenne et de la Sarthe, à compter du 1er janvier.

La Sifdda a rué dans les brancards. La division spécialisée dans les prestations d'équarrissage de Saria Industries n'accepte pas d'avoir perdu plusieurs marchés, soit plusieurs départements, dans la collecte des animaux trouvés morts. En tout, ce sont 30 000 tonnes qui lui échappent, qui plus est au profit de son premier concurrent, Akiolis, qui vient du même coup talonner le leader national.

La Sifdda aurait perdu le marché de dix départements, au total. Mais l'entreprise a surtout communiqué sur sept d'entre eux, dont la Mayenne et la Sarthe (1).

Une réorganisation “inacceptable”


L'entreprise a réfuté la nouvelle

“réorganisation inacceptable des marchés de l'équarrissage” et a, dans un premier temps, insisté auprès des exploitants qu'elle collectait jusque-là, de la poursuite de son activité, comme en 2013. Le groupe a par ailleurs informé qu'une action de contestation en justice était en cours, la première audience au tribunal devant se tenir ce 13 janvier.

A l'origine de cette foudre, la redistribution des cartes, et de marchés autrefois publics. L'Etat s'est en effet délesté de la gestion de l'équarrissage. Les filières animales ont donc constitué des ATM (animaux trouvés morts). Ce sont ces associations qui lancent désormais les appels. Et qui ont trouvé les tarifs des filiales de Saria trop élevés.

“Rien à dire dans
38 départements”


Jusqu'au mois de juillet, les démarches restaient sous droit public. Or, cet été, les ATM ont fait savoir aux entreprises d'enlèvements que pour la première fois, elles lançaient des appels d'offres dans le domaine privé.

“Ce à quoi Saria n'a rien trouvé à redire, pas plus que cette entreprise ne trouve à redire pour les 38 marchés départementaux qu'elle a conservés”, commente Yves Berger, directeur général d'Interbev. Cette évolution du droit public vers le droit privé s'explique notamment par la reconnaissance des CVO (cotisations volontaires obligatoires) par la justice européenne.

“Le premier contrat des ATM a été passé en 2009, poursuit le directeur général de l'interprofession ruminants. Il portait sur une durée de deux ans, renouvelé deux fois un an. Cette année, un appel d'offres public a été relancé. Puis, il a été annulé pour un appel privé. Les nouveaux contrats signés portent sur la période 2014-2016. Au vu de la tournure des événements, on ne devrait pas reconduire ces contrats la prochaine fois, mais bien relancer un nouvel appel d'offres”, envisage déjà Yves Berger.

“Le plus important, c'est que les éleveurs sachent bien qui ils doivent appeler en cas de besoin.” Le 27 décembre, ces précisions ont déjà été envoyées par courrier à 11 000 exploitations de la Manche.

Frédéric Gérard

(1) Saria Industries indique avoir engagé une procédure d’urgence dans sept départements : la Mayenne, la

Sarthe, l’Ardèche, la Côte-d’Or, la Dordogne, la Haute-Loire, la Haute-Saône.

Frédéric Gérard

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