Publié le
Vendredi 21 février 2014

Quelle conduite de vos fourrages demain ?

Pour obtenir un maïs de qualité, il faut bien raisonner la fertilisation azotée avant et pendant la culture. Quel fumier apporter, quelle quantité et à quelle époque ? Quel couvert végétal ? A quel prix ?

La fertilité des sols se dégrade dans de nombreuses exploitations d'élevage, y compris celles qui apportent du fumier chaque année. Ce ne sont pas les directives nitrates qui sont en cause mais la mauvaise utilisation du fumier et le manque de couverts végétaux pour favoriser l’activité biologique du sol. Lors des rencontres “technique et innovation” organisée par Clasel dans dix exploitations laitières de Sarthe et Mayenne, Arnaud Cozannet, conseiller agronomie a expliqué comment optimiser la qualité des cultures fourragères et les coûts de production en prenant exemple sur le maïs. “Pour se rapprocher de l’optimum de rendement et de MaT, 90 % de la fertilisation azotée doit être apportée avant la floraison femelle” affirme Arnaud Cozannet. Le besoin d’azote de la plante est maximal entre le 10 juin et le 15 juillet.

Optimiser l’efficacité du fumier


“Un fumier de bovin épandu à l’automne est efficace à 15 %, c'est-à-dire que sur les 200 unités d’azote présentes, seules 30 unités seront assimilables au printemps. Le reste risque d’être perdu par lessivage” avance Arnaud Cozannet. On voit donc que la minéralisation de l’azote n’est pas toujours en phase avec le potentiel de croissance du maïs. “Nous avons deux solutions pour y remédier : apporter de grandes quantités de fumier de bovin à l’automne avant la culture de maïs ; ou miser sur des formes organiques rapides, comme des fumiers de volaille ou du lisier de porc épandus au printemps.”


Choisir son couvert végétal


“Avec une association légumineuses - avoine, ou légumineuses - légumineuses on obtient un gain de rendement dans 8 cas sur 10, car l’azote hivernal est pompé et restitué à la culture” informe Arnaud Cozannet. Les engrais verts et les espèces non gélives sont préférables aux couverts qui vont se décomposer en hiver et qui apporteront peu à la culture. “Pour bien faire, il faut réfléchir les besoins du sol en rapport C/N pour trouver un compromis entre la lignine et la matière verte, de manière à faire fonctionner le sol. L’idéal est d’enfouir en vert la culture pour apporter de l’énergie au sol.” Selon une étude de la chambre d’agriculture de Poitou-Charentes, avec un C/N supérieur à 30 pour une association graminées (avoine, seigle, orge)- moutarde fleurie, on obtient 10 % d’azote disponible deux mois après l’enfouissement. A l’opposé, avec un mélange de légumineuses de type vesce et trèfle incarnat par exemple, dont le C/N sera inférieur à 15, c’est 40 % d’azote qui sera disponible à la même période. Le choix des espèces du couvert hivernal est donc crucial.

Le coût du couvert sera aussi à prendre en compte dans la stratégie. Un mélange économique composé de 20 kg d’avoine d’hiver, 2 kg de phacélie et 3 kg de radis chinois reviendra à 35 €/ ha. Avec un C/N élevé, cette association sera énergisante pour le sol car elle apportera beaucoup de sucre. Mais si on préfère bénéficier d’un couvert bien couvrant et riche en azote, il faudra tabler sur un mélange composé de 10 kg d’avoine d’hiver, 1 kg de phacélie, 1 kg de radis chinois et 10 kg de vesce qui revient à 55 €/ ha. D’où l’importance de bien définir son objectif au départ.

Sabine Huet


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Sabine Huet

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