Publié le
Lundi 25 mai 2020

Quand un technicien passionné de la race Limousine finit par en élever

Alexandre Mabilais connait parfaitement la race Limousine. Il a été pendant quinze ans conseiller viande à Elevage Conseil Loire Anjou, dont les cinq dernières années passées à l’animation du syndicat limousin de Loire-Atlantique.
Alexandre Mabilais connait parfaitement la race Limousine. Il a été pendant quinze ans conseiller viande à Elevage Conseil Loire Anjou, dont les cinq dernières années passées à l’animation du syndicat limousin de Loire-Atlantique.

Alexandre Mabilais s’est installé le 1er janvier 2019 avec ses parents à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), sur un système naisseur en Limousine. De la rationalisation des tâches à l'amélioration génétique du troupeau, il ne manque pas de travail.

Je me suis installé à 36 ans, alors que je pensais le faire plus tôt, en reprenant une exploitation qui se libérait juste à côté de celle de mes parents. Je n’ai repris que le foncier, il n’y avait ni cheptel ni matériel, juste un bâtiment. Avec les 60 ha que j’ai apportés, le Gaec est passé à 175 ha” dit-il. Son père est parti en retraite fin 2019 et sa mère l’imitera à la fin de 2021.

Encore beaucoup de travail à faire

L'éleveur délègue tous les travaux à la Cuma : labour, semis et fauche. “Quand je serai seul, être en groupement d’employeurs me permettrait de compter sur un salarié une journée par semaine. Je pourrais ainsi me libérer pour les vacances et certains week-ends”, prévoit-il.

“On dispose autour des bâtiments de 125 ha accessibles à pied avec les animaux, sans parcelle de voisins au milieu. C’est très appréciable”, poursuit Alexandre Mabilais. Actuellement, il hiérarchise les urgences. “On a clôturé des îlots et on aimerait en rendre d’autres pâturables sur 3 à 4 ha. Cette année, on a aussi coupé certaines parcelles en deux grâce à des clôtures électriques permanentes.”

L’éleveur s’appuie sur un système très herbager et pâturant. “Mes parents ne faisaient plus de céréales mais j’aimerais en semer 5 à 10 ha, ne serait-ce que pour avoir de la paille. On est engagés en mesure Maec SHP (systèmes herbagers et pastoraux), d’où des contraintes de chargement.” Ses deux premières années ne sont pas forcément représentatives du système qu’il souhaiterait avoir en croisière, car il a repris du parcellaire qui n’était pas forcément en parfait état. “J’ai dû mettre la charrue l’an dernier, j’ai semé un peu de maïs. Mon objectif est d’en avoir 5 ha/an pour l’ensilage.”

Rationalisation du travail et sélection génétique

“De 30 mois en moyenne à l’heure actuelle, j’ai pour objectif d’abaisser l’âge au vêlage à 27 - 28 mois.” Les vêlages s’étalent sur deux périodes de trois mois. A court terme, il compte les ramener à deux mois et demi : 15 janvier - 31 mars pour la première et 15 août - 31 octobre pour la seconde. “En connaissant d’avance les périodes de vêlages, on évite de s’épuiser à surveiller les retardataires. Cela veut dire aussi un seul sevrage, une seule tournée d’écornage et de vaccination”.

Tous les mâles sont vendus en broutards, autour de sept mois, à des négociants ainsi qu’à Ter’élevage. “Depuis un an, j'en tire en moyenne entre 900 et 1 000 euros alors que dans mon étude économique, je tablais sur 875 €. J’ai même vendu un lot important à 960 €.” Toutes les génisses sont élevées, sauf celles nées en fin de période de vêlages et dont les mères sont jugées peu intéressantes (quatre ou cinq par an). Elles sont alors vendues à l’age de 45 jours. “L’an dernier, j’en ai vendu à 400 € pour faire du veau de lait”, dit-il.

Plus de Label Rouge si possible

Alexandre Mabilais travaille aussi avec le Label rouge, pour environ 20% de ses ventes. “J’aimerais pouvoir passer davantage de bêtes, mais le contexte actuel ne s’y prête pas. On en a aussi quelques-unes qui ne correspondent pas aux critères d’âge et de qualité : poids et classement. Sortir des bêtes de 440 à 450 kg, classées U-, ça serait bien. A l’heure actuelle, je suis plutôt à 435 kg de poids de carcasse, avec des R+”. Il va poursuivre le travail sur les qualités maternelles des mères, avec en tête le lait et l’aptitude au vêlage. “Sans oublier le maintien des facilités de naissance, tout en maîtrisant aussi la finesse d’os”, conclut Alexandre Mabilais, qui n'a pas perdu ses réflexes de conseiller d'élevage.

Christian Evon
Le journal
10 juillet 2020 - N° 28
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