Publié le
Lundi 7 mars 2011

Quand "signe de qualité" rime avec solidité financière

Grâce à leur valorisation économique supérieure, les productions sous signes de qualité renforcent la solidité financière des exploitations, selon une étude confiée à un docteur en géogra-phie, Julien Frayssignes par l’Irqualim.Les Siqo (Signes officiels de la qualité et de l’origine) que sont les AOP, IGP, labels Rouges et l’AB (agriculture bio) renforcent la solidité financière des exploitations agricoles, selon une étude réalisée par l’Institut régional de la qualité agroalimentaire de Midi Pyrénées (Irqualim), présentée au Salon de l’Agriculture. L’étude porte sur l’agneau fermier du Quercy IGP/Label Rouge, le haricot tarbais IGP/Label Rouge, le bœuf fermier Aubrac Label Rouge, le fromage de Rocamadour AOP et l’ail rose de Lautrec IGP/Label Rouge.

“Mieux résister aux restructurations”

Dans le cas de l’IGP de l’ail rose de Lautrec, les 64 exploitations de l’échantillon avaient en 2008 un taux d’endettement inférieur de 6 % aux 1 410 exploitations tarnaises analysées, et un rapport entre l’excédent brut d’exploitation et le produit total supérieur de 8 %. De même l’analyse de la production fermière de fromage AOP de Rocamadour fait apparaître une recette supplémentaire de 7 500 à 17 500 euros pour une exploitation moyenne (produisant 250 000 fromages par an) par rapport à son homologue du marché générique. “Les Siqo engendrent des bassins de production capables de mieux résister aux phénomènes de restructuration de l’activité agricole”, commente l’étude. Par exemple, on voit les effectifs ovins augmenter régulièrement dans le Quercy, au moment où la production nationale ovine décline. “Les enquêtes de terrain démontrent la propension des Siqo liés à une origine géographique, à fixer une activité économique sur un territoire et à empêcher sa délocalisation.”

Canaliser le foison-nement des labels

Devant le foisonnement des labels de qualité, le consommateur s’y perd. Le travail va consister à lui apprendre à distinguer les labels, promet l’Inao, (Institut de la qualité et de l’origine). En effet, qu’est-ce qu’un label de qualité ? L’éventail est large, et le consommateur, qui a peu de temps lors de ses achats, peut se laisser tromper. Le label peut correspondre de façon avérée à une origine et à un savoir-faire, ce qui est le cas des AOC, des IGP, à un label Rouge (qualité supérieure vérifiée tous les ans par des laboratoires et des organismes certificateurs agréés), ou à l’agriculture biologique, dont les contrôles sont draconiens.

Mais un label peut aussi ne représenter que les intérêts de firmes, pour le plus grand bien de leurs services de marketing. Eric Cachan, président du syndicat des producteurs de volailles label Rouge (Synalaf) et vice-président des poulets de Loué, déplore que certaines marques jouent sur la confusion de logos pour s’attribuer les valeurs des labels reconnus. Que faire pour que les labels, qui sont de vraies marques collectives, porteuses d’un savoir-faire et défendant l’emploi et les paysages de bassins de production, ne soient pas banalisés avec des labels plus ou moins autoproclamés ?

Michel Prugue, président de l’Inao, indique que l’établissement investira en 2011 dans une communication d’explication aux consommateurs. Le défi consistera à expliquer la notion complexe de labels officiels de qualité, avec toutes les facettes que sont la qualité gustative, nutritionnelle, les emplois créés et l’environnement respecté, face à des marques qui ne mettent en avant qu’un de ces aspects à chaque fois. Difficile d’expliquer des notions complexes, mais l’Inao compte le faire à travers des articles de presse faisant appel à la capacité de réflexion des consommateurs, qui sont aussi des citoyens.

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