Publié le
Vendredi 4 décembre 2015

Quand la stratégie du leader rassure

Après les usines de Glon en Bretagne, le leader de la volaille s’apprête à mettre la main sur les sites de la branche d’Agrial. Cette acquisition reste soumise à l’avis de l’Autorité de la Concurrence. Mais qu’est-ce qui pourrait contrecarrer la transaction ? Elle répond à la stratégie prônée au niveau national (1). En particulier pour “retrouver la compétitivité nécessaire à la reconquête des marchés”.
C’est la filiale SNV qui pilotera ces activités Agrial. Dans le Calvados, le site de Plumetot est spécialisé dans les volailles Label. En Mayenne, l’abattoir de Chailland est plus diversifié : Galéo fait dans la dinde et le poulet, le Label et le standard, les produits élaborés. Malgré des investissements et un repositionnement stratégique, Agrial n’est pas parvenu à retrouver une meilleure rentabilité. “Pas assez grand, pas assez petit.” Ses marques, tel le Poulet fermier blanc de Normandie, souffrent toujours d’un “manque de notoriété”, reconnaît Christophe Pajot, directeur général de SNV.


“Crédible et cohérent”



Redresser les situations difficiles ne fait peur ni à LDC, ni à sa filiale, même si les dirigeants affichent une certaine humilité. La reprise d’Arrivé, n° 4 en 2009, a bien été digérée.


Un tel développement pourrait inquiéter l’environnement économique, en revanche. Pas forcément. “Leur organisation est crédible”, estime Isabelle Leballeur, très impliquée dans la filière au titre de la Confédération française de l’aviculture ou de la FDSEA 72.


“Rassurant” et “cohérent” sont les mots qui reviennent souvent chez les personnes interrogées sur le leader européen de la volaille. “Sa stratégie amont et industrielle est en cohérence avec des positionnements marchés ciblés”, analyse Pascale Magdelaine, directrice du service Economie de l’Itavi. “LDC rachète des outils industriels et les spécialise en fonction de ses orientations de marchés… C’est peut-être ce qu’il faudrait faire dans l’ensemble de la filière.”


LDC fait référence. Et est perçu comme “un concurrent loyal”. Dominique Ramon, abatteur dans le nord-Mayenne, donc cerné par des outils LDC, “préfère se battre avec des gens qui ont la même ambition que moi, vivre de leur métier, et uniquement de leur métier”. Les deux frères à la tête de l’entreprise Rémi Ramon (deux sites) préfèrent, eux, miser sur une croissance interne. (lire p.11)



Basé à Sablé-sur-Sarthe, LDC a toujours eu un pied en Mayenne par l’une de ses familles d’actionnaires historiques (Chancereul, le C de LDC). Mais le développement industriel y est récent. Sa filiale SNV y a d’abord développé des partenariats. En 2007, les poulets de Janzé rompent leur contrat avec Doux pour faire abattre leurs poulets à Château-Gontier : la capacité du site double alors. En 2000, la filiale (récente) a déjà créé un siège d’envergure (une usine de 22 000 m2), à La Chapelle-d’Andaine, à la lisière de la frontière mayenno-ornaise. En 2012, c’est un abattoir Doux frais qui est repris à Laval. Depuis trois ans, 12 millions d’euros y ont été investis, le site sort 300 000 poulets par semaine. Avec Galéo à Chailland, SNV et LDC quadrilleront clairement le département.


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27 novembre 2020 - N° 48
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