Publié le
Vendredi 19 septembre 2014

Pour commencer, les bovins

Terrena et la Coopérative des agriculteurs de la Mayenne ont commencé à envisager un rapprochement des activités bovines. “Au fur et à mesure que nous travaillions, nous nous sommes rendu compte qu’on partageait la même vision de l’agriculture” décrit Maxime Vandoni, directeur de Terrena.


Complémentarités



Economiquement, les dirigeants tiennent ce raisonnement : ce rapprochement offre une complémentarité géographique, mais surtout dans les activités. La Cam est présente sur l’amont tandis que Terrena possède des outils industriels. Sur l’amont, les deux coopératives peuvent s’appuyer sur des performances similaires et solides. Cela permet de se projeter vers l’avenir, “d’accélérer le développement de la Nouvelle agriculture”, d’amorcer le développement à l’international. L’organisation politique des coopératives est très proche, ce qui devrait faciliter la mise en route des synergies.


La Cam deviendra donc une coopérative associée au même titre que Terrena Poitou.



Logique territoriale



La première étape sera l’adhésion de Cam Bovins à Ter’Elevage. Cette union de coopératives représente 243 000 bovins. Elle regroupe 5 500 adhérents de Gerap (20 000 bovins), Arco-Gibev (26 000), Normandie Bovins (30 000) et Terrena, de loin le plus gros apporteur. Les 1 000 adhérents de la Cam apporteront 33 000 animaux.


Cette adhésion s’inscrit dans “une logique territoriale”, décrit Maxime Vandoni, le DG de Terrena. La Mayenne était peu présente dans l’architecture de Ter’Elevage (à part avec Arco-Gibev). La Cam va assurer une jonction entre la Normandie et les Pays-de-la-Loire. Or, en bovins, “une des charges importantes est la logistique, le coût est élevé. En gros bovins, ce n’est pas comme en porcs, on ne remplit pas un camion avec une exploitation” explique Michel Foucher. Le président de la Cam. Des complémentarités de tournées vont être mises en place.


“On va envisager une commercialisation commune des animaux” décrit Maxime Vandoni. Du côté de Terrena, l’enjeu est aussi de sécuriser l’amont de ses abattoirs, notamment celui du Lion-d’Angers.



L’export en vue



Pour le moment, la Cam ne va pas modifier ses débouchés actuels. “Nos bovins sont abattus pour un tiers chez Elivia (Terrena), un tiers chez Bigard-Socopa et un tiers chez SVA. Cela répond à des débouchés différents. Tous les abattoirs ne sont pas intéressés par les mêmes produits. On souhaite maintenir cette diversification” explique Hervé Scoarnec, le directeur de la Cam. Ce rapprochement doit participer “au développement d’Elivia”. On ne modifie pas l’existant, on crée de nouveaux débouchés. Les éleveurs de la Cam auront accès à de nouveaux contrats existant chez leur partenaire. Ces productions supplémentaires pourront contribuer, par exemple, à approvisionner les abattoirs d’Elivia.


Autre débouché visé : l’export. Terrena est en négociation exclusive pour un rapprochement avec l’Irlandais Dawn Meats, spécialiste de l’export.


La Cam n’a pas pris cette décision par défaut, au contraire. “Nous anticipons. Le groupement se porte bien, mais il y a un enjeu de la production bovine en Mayenne, et dans la région, à trois ou cinq ans” justifie le directeur.


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