Publié le
Vendredi 2 octobre 2015

Ovins : “Rendre les métiers plus attractifs”

La crise est là mais il faut être optimiste”, lance Michèle Baudouin, la présidente de la Fédération nationale ovine. “Les jeunes générations ne veulent peut-être pas assumer ce que les anciens ont vécu toute leur vie.” Non issue du milieu agricole, elle s'est installée dans le Puy-de-Dôme il y a vingt-cinq ans. “L'image du berger barbu est à ranger au rayon des souvenirs. Avant de se lancer en production ovine, un jeune doit se demander : combien je veux gagner ? Pour quel temps de travail ? Quand je me suis lancée, je pouvais passer une journée entière à vermifuger mes brebis dans la bergerie. Le travail est maintenant moins pénible et j'ai aussi la chance de pouvoir compter autour de moi sur l'entraide”, poursuit Michèle Baudouin.


Des actions locales innovantes...



En Bretagne, la chambre régionale d'Agriculture a initié un programme sur l'attractivité des métiers. “Une enquête menée auprès des jeunes en formation sur les représentations du secteur et des métiers nous a permis de mieux cibler leurs attentes”, explique Anne Bertagnolio. “Avec l'ensemble des OPA, nous avons mis en place le site www.agrimetiers.com et créé des fiches de sensibilisation. En construisant des messages communs sur les métiers, on commence à voir les premiers résultats. Depuis 2009, les effectifs en formation sont
remontés.”


“Vivre l'élevage en Picardie” est un autre exemple d'action collective au service de l'attractivité du métier. “On a accompagné des projets d'éleveurs en finançant des investissements avec une double entrée : Etat et Région, via le PMBE”, explique Emmanuel Béguin, de l'Institut de l'Elevage. “Sur 950 diagnostics d'amélioration des conditions de travail réalisés depuis 2008, l'aide a été de 3 000 euros en moyenne, avec un taux de subvention de 20 %.”


Au sein de la Confédération nationale de l'élevage, la FNO s'attache à redorer l'image du métier pour renouveler les générations, mais aussi maintenir les élevages de ruminants dans des régions où la concurrence avec d'autres productions est vive. Et tirant les leçons de la “reconquête ovine” (deux phases : 2009 et 2014), la FNO s'est lancée dans Inn'ovin, le nouveau programme de développement de la filière.



... à un plan national structurant



“Il y avait trop d'actions autour de la reconquête et on s'est un peu éparpillés par manque de moyens sur le terrain”, reconnaît Audrey Désormeaux, de la FNO. “On n'a pas de chiffre fiable sur l'installation, même si on constate un mouvement positif, notamment à travers les abattages qui sont stables.” Inn'ovin va bénéficier d'une nouvelle gouvernance. “En ciblant mieux nos actions, on espère être plus efficaces à travers des appels à projets menés au
niveau régional ou interrégional.”


Fin juin, la CNE a organisé un séminaire pour tracer les perspectives du plan national d'action. “Il y a encore beaucoup d'initiatives sur le terrain à développer”, conclut Martial Marguet, le président de l'Institut de l'Elevage. “En allant auprès des jeunes, on veut modifier le regard que porte la société sur les métiers de l'élevage. L'agriculture est multi-fonctionnelle et évolue très vite. On a besoin de gens compétents, y compris des salariés, qui sont familiarisés avec les nouvelles technologies.”


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