Publié le
Vendredi 6 juin 2014

Optimiser son pâturage en débrayant des paddocks

La saison de pleine pousse de l’herbe est bien lancée, les éleveurs herbagers mayennais commencent à se faire dépasser par les volumes.
Chez Nico Bouma, le foin est essentiellement destiné à l’alimentation des génisses et des taries. Les stocks fourragers consommés par les vaches, en plus du maïs, sont constitués d’enrubannage qui correspond d’avantage à ses objectifs de production laitière. Pour le foin, il vise donc la quantité à l’hectare et la fibrosité, avec le double intérêt de bien raser les prairies. Les surfaces d’herbe concernées vont ainsi profiter au mieux de la période de pousse la plus favorable, de mi-mai à mi-juin. Elles seront réintroduites dans le cycle de pâturage avec la meilleure valeur possible, qui dépendra du stade à l’entrée des vaches et de la richesse en légumineuses. Avec la même logique, à cette période, Nico fauche systématiquement les refus derrière les vaches.
En ce moment, avec 100 rounds de foin d’avance en stocks (150 suffisent largement aux besoins du troupeau), Nico s’apprête à faucher un paddock de 1,2 ha inaccessible aux vaches et où il espère presser une trentaine de rounds. Les refus des vaches viendront compléter les derniers stocks de foin à réaliser dès que se présentera une fenêtre météo favorable, ce sont les génisses qui les consomment en attendant. Une prairie implantée l’an passé, riche en RGH et RGI, sera bientôt enrubannée une seconde fois (objectif 25 bottes sur 3,5 ha). L’herbe y sera récoltée dès que les conditions le permettront, avant épiaison, avec la qualité comme objectif principal.


Toujours avoir de l’herbe de qualité pour
les laitières



Pour Bruno et Christine Gobé, la décision de faucher un paddock dépend principalement du stade de la prairie composée de fétuque, de fléole, de RGA et de trèfle. Bruno surveille attentivement ses prairies pour prendre en compte la proportion et le stade de chaque espèce présente. Lorsque la fétuque est en fin de montaison/début d’épiaison, il est trop tard pour pâturer si celle-ci est en proportion importante. Dans ce cas, il fauche en prenant garde de bien couper l’épi du RGA très tardif. (A l’avenir, il choisira du RGA demi-tardif pour faciliter la récolte.) La proportion du trèfle présent dans la prairie orientera également la destination de la récolte : “S’il y en a beaucoup, on maintient de la valeur même si une graminée est épiée, donc on la garde en stock sur pied.” Le choix des paddocks à débrayer est réalisé avec l’objectif de toujours avoir de l’herbe de qualité pour les laitières, que ce soit au pâturage ou en fourrage.


Suivant cette logique visant à débrayer les paddocks avancés en stade, 3 ha de mélange RGI/Trèfle incarnat destiné à la fauche ont été récoltés le 5 mai à raison de 15 rounds/ha et 5 ha (dont 2 ha de luzerne/fétuque) de la surface complémentaire ont été enrubannés (40 rounds) le 16 mai. Pour le moment, il reste 6,5 ha à enrubanner dès qu’une fenêtre météo se présentera. Bruno souhaite enrubanner en deux fois afin d’étaler la repousse et ainsi faciliter la gestion du pâturage suivant.


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18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
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