Publié le
Jeudi 25 juin 2020

Moissons : un planning bien organisé et “peu de grincheux”

A la Cuma d’Yzernay, d’une année sur l’autre, l’ordre de passage des adhérents est inversé, en décalant de quatre rangs. Le planning est élaboré aussi en fonction d’une logique territoriale. (photo d’archives)
A la Cuma d’Yzernay, d’une année sur l’autre, l’ordre de passage des adhérents est inversé, en décalant de quatre rangs. Le planning est élaboré aussi en fonction d’une logique territoriale. (photo d’archives)

La Cuma des Centours à Yzernay, près de Cholet, une organisation des moissons a été mise au point pour être le plus équitable possible, et éviter les mécontentements des uns et des autres.

A La Cuma des Centours, on fait tout pour contenter tout le monde. Et comme ailleurs, ce n’est pas toujours facile. Entre ceux qui voulaient récupérer la menue paille et ceux qui voulaient du débit, on ne se comprenait pas toujours. “Les plus céréaliers de l’équipe voulaient de la rentabilité, et ceux qui voulaient récupérer la menue paille ne voulaient pas tout bousiller, ils préféraient prendre leur temps. Chacun avait l’impression de payer pour l’autre”, raconte le président de la Cuma Christophe Séchet. Alors il a fallu les séparer en deux groupes. Il y a neuf ans, la Cuma a donc investi dans une moissonneuse axiale.

Pour le premier groupe d’une douzaine d’adhérents, les moissonneuses Claas auront 400 hectares de chantier. Pour les quatre exploitations de l’autre groupe, la John Deere axiale aura 477 hectares à moissonner. “Va pas falloir qu’on chôme !” prévient Christophe Séchet. Mais son débit de chantier peut monter jusqu’à 5 km/h.

Les derniers seront les premiers

Pour l’organisation des chantiers, le planning suit une logique minutieuse et très sophistiquée imposée il y a près de vingt ans. D’abord, on dresse l’inventaire des surfaces de chacun. Ensuite, on détermine un ordre de passage. Ceux qui ont plus de dix hectares passent en deux fois. Celui qui passe en premier pour la première partie de ses terres passera en dernier pour le reste. Et ainsi de suite. Ceux qui ont moins de 10 ha passent en une fois, et au milieu. L’année suivante, on inverse l’ordre de passage de chacun. Enfin pas tout à fait : on décale de quatre rangs, de sorte que les tout premiers et tout derniers ne soient pas toujours les mêmes. Cet ordre de passage est élaboré aussi en fonction de la logique des routes. Une batteuse est chargée des parcelles du sud de la commune, l’autre s’occupe du nord. “L’ordre de passage est aussi fixé en fonction de la proximité géographique des uns et des autres, cela donne un enchaînement logique en terme territorial” commente Philippe Jaunet, l’un des adhérents.

“Avec ce système, il n’y a pas trop de grincheux”, se félicite le président de la Cuma.

Il y a en général six ou sept personnes par machine. Un salarié de la Cuma concentre son travail sur les deux machines Claas (entretien le matin, conduite l’après-midi), et les adhérents font de la conduite. L’entretien lourd et l’entretien léger (filtres) sont alternés, un jour sur deux. Il s’agit de faire tourner les machines le plus possible, et éviter les grains de sable. Dans les machines, mais aussi au sein du groupe.

Antoine Humeau
Le journal
10 juillet 2020 - N° 28
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