Publié le
Vendredi 11 janvier 2013

Les mesures éclairs séduisent les fabricants

La ministre de l'Ecologie est venue en Mayenne, lundi, pour présenter des mesures d'urgence visant à aider la filière du photovoltaïque a mieux résister à “une concurrence féroce”. Depuis trois ans, les Chinois ont avalé le marché, à plus de 90 %. “Leur gouvernement renfloue leurs 30 % de ventes à perte, ils ont les moyens”, illustre Jean-François Perrin, directeur général de MPO Energy, la filière solaire de l'entreprise mayennaise.
MPO a donc choisi de relever le défi de la construction de panneaux, et a investi 70 millions d'euros. En passant du CD, en perte de vitesse face au MP3, au solaire, l'ETI (1) tente de consolider ses 550 salariés, formés en interne à ce changement de production. L'entreprise intègre aussi un consortium pour la recherche de performance des cellules photovoltaïques. Voilà deux enjeux que le gou­ver­nement veut défendre : les technologies de pointe et l'emploi sur le sol français. La ministre socialiste défend sans sourciller un “patriotisme industriel”.


Communication et mesures “positives”... pour 2013



Et cela plaît dans une filière qui a perdu 18 000 emplois et enregistre un déficit commercial de 1,35 milliard d'euros. Le moratoire du 2 décembre 2010 avait déstabilisé la filière et fait hurler plus d'une PME, cha­touillant à peine les grands groupes comme EDF. Pour la plupart des “petits” patrons de l'Ouest qui regrettaient il y a deux ans, que “l'argent des contribuables serve à acheter des panneaux chinois”, la communication est positive. Les annonces ministérielles vont “dans le sens de nos ambitions”, commente le PDG de Systovi, entreprise nantaise qui développe le photovoltaïque intégré aux toitures. Pascal Janot s'avouait lassé par la politique du “stop and go”.


La mesure qui l'enthousiasme le plus est celle du premium. C'est aussi celle qui va concerner directement les particuliers et les agriculteurs : une revalorisation des tarifs d'achat de 5 à 10 % si les panneaux achetés ont été fabriqués en France ou en Europe.


Co-patron de MPO avec Loïc, Serge de Poix se dit “plus mesuré” que son frère : “Il faut attendre de voir ce que cela donne sur le marché.” Plutôt bien accueilli, ce train de mesures ne concerne en effet que 2013, d'où le terme “d'urgence”. La ministre assure qu'il ne s'agit pas de soutenir une filière et de la laisser se débrouiller seule, dès 2014. Les mesures plus structurelles devraient être présentées suite au débat sur la transition énergétique, “dès la fin janvier”, promet Delphine Batho.


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