Publié le
Mardi 24 mai 2011

Les herbagers cherchent des stratégies

Le Civam-Défis a organisé une rencontre sur le terrain pour envisager les solutions à mettre en œuvre et continuer à nourrir les animaux à moindre coût. Mercredi dernier, 35 éleveurs sont venus écouter Eric Favre à Bouvron, chez Yannick Simon.Il faut éviter que les prairies crèvent cet été”, explique Eric Favre. “Les années difficiles, les erreurs techniques sont les plus fatales.” Il a fait le distinguo entre 2010, “une année froide mais pas sèche, qui a empêché l’herbe de pousser”, et 2011, sur les sols froids, la pousse a été correcte. Les sols plus butés et séchants ont été très impactés.
“Il y a des choix à faire et à court terme, il faut prendre en compte plusieurs éléments” explique Eric Favre. “Pendant trois ans, de 2007 à 2009, sans s’en rendre compte, on a tous gardé des animaux plus longtemps. D’où la catastrophe l’an dernier car on avait beaucoup trop d’animaux.” Dans les systèmes très herbagers, il préconise un chargement de 1,2 UGB/ha SFP en conventionnel et de 1 UGB en bio. Et pour les systèmes herbe et maïs, de ne pas aller au-delà de 1,4 UGB/ha SFP.

Vendre des animaux : un crève-coeur
Eric Favre poursuit : “Donc si le chargement est trop élevé, il ne faut pas attendre pour vendre des animaux. Même si les cours sont au plus bas. Il faut éviter de passer tout juillet au pâturage et en août, donner aux animaux une demi-ration.” Pour l’éleveur, c’est bien sûr une décision très difficile à prendre. “Il faut garder les vaches en production et ne pas vendre toutes les génisses. Dans l’ordre de priorité, les animaux à viande puis les génisses vides. Il ne faut pas vendre le renouvellement à venir, il faut anticiper les futures réformes”.
Cette solution, difficile, Yannick Simon l’a prise l’an dernier, “afin de ne pas taper dans mes stocks, j’ai vendu 45 animaux”. Il a aussi enrubanné des céréales immatures (comme cette année d’ailleurs) et retourné des terres beaucoup plus tôt en saison pour y semer du sorgho. “L’avantage sur l’exploitation, c’est que je peux sortir les vaches tôt dans la saison et les rentrer tard”, indique le jeune éleveur laitier. “Sur la centaine d’ha, j’en ai 70 autour de l’exploitation. J’ai 80 ha de de prairies, 7-8 ha de céréales et un peu de betteraves. Le reste, c’est du maïs et du sorgho. J’ai fait du lupin au début, mais c’était pas très concluant. Je l’ai remplacé par la féverole, que j’incorpore dans l’alimentation des vaches en hiver”.

Se constituer un stock de sécurité
L’idée, c’est aussi de réserver l’herbe pâturée pour les animaux à forts besoins : laitières en production, vaches allaitantes suitées et génisses laitières en première année au pâturage. “Tous les autres animaux, on peut les passer à la paille et au concentré : 1 kg de soja ou 1,5 kg de colza. En faisant ça, j’aurai moins de vaches mais je continuerai à produre du lait” lance Eric Favre.
Troisième point, la nécessité d’avoir un stock de sécurité en système de croisière, pour distribuer le moins de fourrage possible. “Il faut viser 50 % de stock pour ceux qui sont en tout herbe, et 30 % pour ceux qui ont une part de maïs importante. Chaque fois qu’un stock est entamé, je le reconstitue. En octobre, je peux entamer le maïs récolté l’année d’avant et utiliser le maïs 2011 qu’en seconde partie d’hiver”.

Le journal
23 octobre 2020 - N° 43
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