Publié le
Vendredi 14 février 2014

Les élus locaux ont des clés pour l’installation

Territoires //// lundi 10 février, Jeunes Agriculteurs a remis les Prix régionaux de l’installation, à Cigné (Mayenne) chez Ophélie Chartier, la lauréate. Frédéric Vincent, le président régional, a interpellé les élus : ils ont un rôle à jouer pour aider l’installation.
Les mairies ont un rôle à jouer dans l’installation de jeunes agriculteurs” assure Frédéric Vincent. Le président de JA Pays-de-la-Loire a profité de la semaine du renouvellement des générations en agriculture, et de la remise des Prix régionaux de l’installation, pour aborder cette question, à la veille des élections municipales. “L’un des freins à l’installation est l’accès au foncier. Les mairies établissent des documents d’urbanisme, 36 % des communes n’en sont pas dotées. Pourtant, les ZAP, les PEAN permettent de protéger un espace agricole. Par ailleurs, les collectivités préemptent des terrains pour l’urbanisation, pas toujours utilisés rapidement. Nous voulons éviter ces friches industrielles.”


Penser aux familles



Guy Ménard, conseiller général, approuve, d’ailleurs un PLU a été établi pour Ambrières/Cigné. Mais les élus sont confrontés à une difficulté : l’activité économique n’est pas qu’agricole. “Nous avons un territoire avec un habitat dispersé, et maillé de PME. Nous devons permettre à ses entreprises d’avoir un peu de terrain autour pour qu’elles envisagent un éventuel développement. Nous devons prendre en compte le volet Familles : qu’elles ne se retrouvent pas dans un désert. Il nous faut donc une densité suffisante pour garder des écoles et des commerces dans les territoires ruraux, y compris pour les familles d’agriculteurs.” Oui, reprend Benoît Faucon, coprésident de JA53, “d’ailleurs, pour quelqu’un comme Ophélie qui est non issue du monde agricole et ni du secteur, une commune dynamique, avec une école, aide un jeune à finir de se décider”.


Les élus locaux ont aussi la responsabilité d’œuvrer aux bonnes relations entre les agriculteurs et leurs voisins. “Il faut faire comprendre les contraintes de chacun. L’agriculture n’est pas là uniquement pour entretenir le territoire. Il y a aussi des contraintes (liées au métier).” Frédéric Vincent propose aux élus de mettre en place des chartes de bon voisinage.


Les conflits de voisinage se cristallisent parfois lors d’enquêtes publiques sur des projets d’installation ou d’extension d’élevage. “Si l’agriculteur a demandé une enquête, c’est bien qu’il n’a pas l’intention de nuire délibérément à l’environnement, et qu’il veut prouver qu’il prend des dispositions pour répondre à la réglementation. L’avis du conseil municipal est sollicité : prenez contact avec le porteur du projet. Il faut éviter les confusions et les avis pas objectifs de la part d’associations ou de citoyens qui pensent à leur bien-être personnel avant de regarder l’équilibre économique du territoire.”


Sur la circulation des engins agricoles, “certains aménagements de centre bourg empêchent de circuler. Là aussi, concertez-vous avec les agriculteurs. Nous aimerions ne pas laisser un pneu à chaque fois qu’on prend la route…” La réponse du député Yannick Favennec : “Vous avez raison, et la meilleure façon d’aborder ces problèmes et de continuer à vous investir dans les conseils municipaux.”



1- Ophélie Chartier (26 ans) installée en élevage porcin en Mayenne ; 2- Benjamin Chaillou (27 ans) installé en élevages bovins, lait et volailles label Rouge en Vendée ; 3- Sabine Rouard (39 ans) installée en polyélevages (caprins lait, viandes bovine et ovine) et arboriculture en Maine-et-Loire.



Loire-Atlantique : 104 installations. Maine-et-Loire : 118. Mayenne : 116. Sarthe : 71. Vendée : 104. Total Pays-de-la-Loire : 513.


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