Publié le
Jeudi 28 mai 2020

“L’élevage ne doit pas porter le chapeau du changement climatique”

Alexander Doring, délégué général de la Fefac, fédération européenne des fabricants d’aliments composés pour animaux.
Alexander Doring, délégué général de la Fefac, fédération européenne des fabricants d’aliments composés pour animaux.

La Commission européenne a publié mercredi 20 mai sa stratégie "farm to fork", de la ferme à la fourchette (F2F). Interview de Alexander Doring, délégué général de la Fefac, fédération européenne des fabricants d’aliments composés pour animaux.

 

"A la Fédération européenne des fabricants d'aliments composés (Fefac), nous accueillons favorablement la volonté de la Comission européenne de sécuriser le système alimentaire à la fois au niveau global et au niveau européen. L’industrie de la nutrition animale européenne a prouvé sa capacité à sécuriser les chaines alimentaires durant la crise Covid 19, dans des conditions compliquées. Aucun système alimentaire ne peut être durable sans les productions animales, ne serait ce que par leur capacité à transformer des ressources non valorisables par l’homme en produits à haute valeur nutritionnelle comme le lait, les œufs et la viande." 

Les végans ont tort

"Nous ne sommes pas d’accord sur l’analyse de la Commission européenne qui veut faire porter le chapeau de la responsabilité du changement climatique aux productions animales. Elles valorisent tous les coproduits issus de l’agroalimentaire et des énergies renouvelables (NDLR, comme les tourteaux et les drèches). Donc les végans ont tort. Si nos animaux de rente ne s’occupaient pas de valoriser leurs coproduits, ils ne pourraient pas prétendre à un statut plus durable de leurs préférences alimentaires car ce sont bien nos animaux de rente qui gardent les nutriments de ces coproduits dans les systèmes alimentaires.

La nutrition animale européenne n’a pas non plus attendu le F2F pour développer des outils permettant aux industriels de l’alimentation animale et aux éleveurs d’améliorer la durabilité et l’efficience de leurs productions. Sa méthode de mesure de l’impact environnemental des aliments pour animaux a été validée en 2018 par les Etats membres et a contribué à la modification de la chaîne d’approvisionnement du soja en soja durable autour de 57 critères. Un module complémentaire, "sans déforestation" est d’ailleurs en préparation".

Alexander Doring, délégué général de la Fefac, fédération européenne des fabricants d’aliments composés pour animaux. Propos recueillis par Yanne Boloh
Le journal
10 juillet 2020 - N° 28
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