Publié le
Jeudi 30 avril 2015

La vieille dame se cherche un avenir

A l’origine, les appellations ne concernent que les vins. Elles sont une réponse à la crise des années vingt et trente, et préservent des fraudes. Le succès commercial des AOC viticoles, et l’essor économique de nouveaux vignobles - les vins du Val de Loire vont largement profiter de cette politique de qualité- vont inciter à étendre ces démarches à d’autres productions. Depuis 25 ans, l’Inao est ainsi l’institut de tous les signes de qualité et d’origine pour toutes les productions agricoles et agroalimentaires françaises ; soit plus d’un millier de produits sous Label rouge, Indication géographique protégée (IGP), Agriculture biologique (AB), Appellations régionales, Appelations d’origine protégée (harmonisation européenne de l’AOC). Les contraintes varient fortement : les premières portent avant tout sur un savoir-faire et autorisent une partie du process ou des produits à venir de l’extérieur.
L’Inao emploie 267 agents, chargés de valider ou non ces cahiers des charges stricts, et de les faire respecter par des organismes de défense et de gestion des AOC.


Inadaptées aux réalités ?



A l’heure de la mondialisation, cette vision “d’origine contrôlée” est-elle dépassée ? Le Cnaoc (vins) veut inscrire “l’innovation” au registre des AOC afin de ne pas laisser des cahiers des charges moins stricts (IGP, IG, etc.) progresser sur les marchés. De plus en plus de viticulteurs s’écartent en effet de ces AOC “trop poussiéreuses” et se mettent en marge.


La loi d’Avenir va faciliter les expérimentations de terrain. Les négociants portent une réforme qui modifie le rapport au savoir-faire : est-il figé dans le temps ? Ou doit-il prendre en compte de nouvelles considérations, les changements climatiques, par exemple ? Vaste débat. “L’Inao est une machine à produire du consensus”, rassurait son directeur général, Jean-Luc Dairien, lors des 80 ans. Un modèle “qui impose aux professionnels de s’entendre”.


Il y a aussi la question du consommateur : peut-il s’y retrouver face à la multiplication de ces étiquettes aux “micro-identités” ? Bruxelles veut simplifier tous ces signes distinctifs et harmoniser les cahiers IGP et AOP… Stéphane Le Foll affirme y faire barrage.



1935 : après deux échecs de lois sur les appellations, en 1905 puis 1919, un décret-loi vise en urgence à contrer la crise viticole. Le texte détermine la région, les caractéristiques et nom du produit. Un institut est créé, garant du respect de ces réglementations : le Cnao.


1947-1967 : “le baron” est président. Sous sa houlette, l’Inao délimite son statut et fonctionnement, et crée les comités régionaux. Tout en intégrant les grandes réflexions contemporaines : création d’une politique européenne, modernisation de l’agriculture.


1990 : l’Inao s’ouvre à toutes les productions.


2005 : entente sur les dénominations entre les Etats-Unis et l’Europe. Les noms d’AOC ne peuvent être utilisés Outre-Atlantique. Affaires judiciaires et plaintes sont nombreuses.


2007 : l’Institut national des appellations d’origine devient l’Institut national de l’origine et de la qualité, et reprend les missions de la commission des labels et certifications.


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