Publié le
Vendredi 4 juillet 2014

"La poudre de lait est un atout pour le grand export"

Véronique Pilet est chef du service Economie du Cniel. Elle analyse les atouts de la production laitière en France face à la concurrence mondiale.

"La France de demain sera-t-elle une nation laitière ? Si le marché intérieur stagne (0,1 % par an), les opportunités offertes par la demande croissante des pays émergents donnent à penser qu’elle peut avoir une ambition à l’export. Notre pays a gagné en compétitivité. Ces dix dernières années, les coûts de production des pays asiatiques tendent à se rapprocher de ceux du modèle français. Les écarts se résorbent avec la Nouvelle-Zélande, le Canada et au sein même de l’Union européenne. Nous ne sommes pas si mal placés sur le prix du lait payé au producteur. Les écarts se resserrent avec la Chine qui a dépassé il y a cinq ans les 500 €/1 000 litres. Alors que notre moyenne se situe aux alentours de 400 €. 

L’Asie en général aura du mal à fournir des produits laitiers dont la consommation devrait doubler d’ici 2021. Or, si la production mondiale de lait frôle les 800 millions de tonnes en 2013, les produits laitiers ne représentent que 7 % des échanges commerciaux. La marge de progression est donc considérable. Chine, Russie, et Arabie Saoudite forment le trio de tête des pays importateurs. Ils achètent des produits dont la consommation baisse ou stagne chez nous, comme le beurre ou le lait liquide (16 % des exportations en 2013). Avec 6,9  milliards d’euros réalisés en 2013, la France connaît une forte croissance à l’exportation. L’Algérie est notre premier client pour la poudre de lait. Ce produit sec est d’ailleurs au cœur des enjeux de développement. 

Près de 73 entreprises internationales ont annoncé ou finalisé 93 projets d’investissements (5 milliards d’euros au total) au cours de 2013. En France, Sodiaal-Synutra a investi 100 M€ dans des tours de séchage à Carhaix quand Lactalis engage 40 M€ à Craon. Laïta, après avoir investi 100 M€ en 2012 et 2013 dans la modernisation de ses sites de production en Bretagne, rajoute 80 M€ pour développer ses activités en nutrition spécialisée. Ces investissements font de l’Ouest de la France l’une des zones les plus compétitives de l’Europe. Et la poudre de lait, un atout pour le grand export.”

Propos recueillis par Nathalie Barbe




Nathalie Barbe

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