Publié le
Jeudi 16 avril 2020

La plateforme m@Yon court veut irriguer la Mayenne

Avant le confinement, la Légumerie 53 approvisionnait en légumes locaux une cinquantaine d’établissements mayennais.
Avant le confinement, la Légumerie 53 approvisionnait en légumes locaux une cinquantaine d’établissements mayennais.

Assurant une mise en relation logistique entre producteurs locaux et cantines, la plateforme m@Yon court avait connu un démarrage prometteur. Avec le Covid-19, elle se trouve quasi-inactive. Elle s'appuyait sur le succès de la Légumerie 53. L'optimisme reste de mise pour l'après-hibernation, avec le succès de la demande de produits locaux.

Avec le confinement et la fermeture des établissements scolaires, m@Yon court est à l’arrêt. La plateforme logistique lavalloise fonctionne un jour par semaine pour livrer les Ehpad. La Légumerie 53 travaille également un jour par semaine au lieu de cinq. Mais avant ce chômage, l'activité était en plein développement, portée par l'essor de l'approvisionnement en produits locaux.

Et dire que le point de départ, c'est l'insertion professionnelle... L'association Génie a été créée il y a vingt ans pour donner du travail à des personnes en difficulté. Il s'agissait surtout d'hommes, les missions proposées étant plutôt physiques (entretien d'espaces verts...). La directrice Elisabeth de Vitton a eu l'idée de mettre sur pied la légumerie, pour accompagner des femmes. Ce projet est né de la rencontre avec Denis Le Métayer, en charge de la restauration des collèges pour le conseil départemental, et du souhait de réintroduire des légumes locaux dans les cantines. Cela a porté ses fruits, renforcé par la prise de conscience politique (Egalim).

Ainsi, née en 2015 à Laval, la Légumerie 53 approvisionne aujourd'hui en légumes locaux une cinquantaine d'établissements mayennais : collèges, lycées, Ehpad, hôpitaux, etc. 85 000 repas par mois. La légumerie emploie 25 personnes (pour 13 ETP).

Mutualiser la logistique

Depuis l'automne dernier, cette aventure prend une autre dimension : l'approvisionnement s'étend aux produits animaux [lire en encadré]. Là encore, le conseil départemental est moteur, sa demande porte sur la logistique. Les gestionnaires des cantines peinent : “Il leur faut un mi-temps pour recevoir toutes les commandes chaque jour. Parfois, il faut trois livraisons pour du fromage. Cela représente une perte de temps sur les livraisons, comme sur le suivi des bons de commandes. L'idée est de mutualiser la logistique” expose Elisabeth de Vitton. m@Yon court remplit désormais ce rôle. Ses deux camions frigo partaient chaque jour à 6 h du matin (1) pour assurer les livraisons des commandes centralisées et préparées en amont.

Comment ça marche ?

M@Yon court devient donc la plateforme de mise en relation des cantines avec les producteurs via son site internet, et assure la préparation et la livraison des produits. Le gestionnaire des cuisines se connecte et visualise l'offre de produits disponibles. Quand il a fait son choix, il adresse un mail au producteur et à m@Yon court. “La commande est préparée par le producteur. Nous n'avons pas de stock. On ne livre que ce qui est vendu” précise la directrice. “Ici, on regroupe les produits commandés et on les transfère. Et on édite une seule facture pour l'établissement”.

M@Yon court diffuse les produits d'agriculteurs qui pratiquent déjà la vente directe, avec une démarche de qualité [encadré]. Le projet multipartenarial s'associe désormais à d'autres initiatives collectives, toujours dans le but d'optimiser la logistique. En particulier, les éleveurs d'Ecla53. Des discussions sont en cours avec la plateforme Mangerbio53.

De 10 à 70 sites en six mois

Le démarrage est bon. En octobre 2019, dix établissements étaient livrés. En janvier 2020, on était à 32, en mars, 70 ! “La progression est énorme, et ce n'est que le début” exposait Mickaël Hévin, responsable logistique, lors de réunions d'information cet hiver. “De grosses structures attendent, mais je ne peux pas y aller pour le moment, par exemple, pour fournir 300 kg de longe de porc.” Il faut coordonner la progression de la demande, de l'offre, et des moyens logistiques. “On avance par pallier.M@Yon court envisage de quitter ses locaux trop étroits du quartier Ferrié pour s'installer dans 2 100 m2, zone des Morandières.

Le Covid-19 modifie les projets, mais Elisabeth de Vitton n’est pas abattue. « On prépare la rentrée ». Déjà, elle est rassurée parce que «nos producteurs [privés du débouché maYon court ] distribuent aux GMS. La situation s’est retournée. Ca change la manière de vendre. C’est plutôt une très très bonne nouvelle pour eux».

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(1) avant le confinement.

Rémi Hagel
Le journal
23 octobre 2020 - N° 43
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