Publié le
Vendredi 25 juillet 2014

La menue paille, pour quoi faire ?

L'intérêt de récupérer la menue paille est multiple : rentrer plus de paille pour limiter l'achat extérieur, disposer de paille fine pour les logettes et poulaillers, alimenter un méthaniseur, ou encore vendre à un tiers. D'autres y voient surtout l'avantage agronomique, les parcelles étant débarrassées des graines d'adventices. La menue paille refoulée dans l'andain et pressée avec la paille (système intégré ou turbine) est recommandée pour le paillage bovin et avicole. Celle transportée en vrac ou pressée en balle (turbine ou caisson) est plus adaptée pour l'alimentation et la méthanisation. Toutefois, d'après une enquête réalisée en 2012 – 2013 auprès d’utilisateurs, la menue paille en vrac utilisée en paillage d'élevage laitier offre un meilleur confort que la sciure et présente un fort pouvoir absorbant. “Elle est très asséchante” note Hervé Masserot de la fédération des Cuma de la Mayenne. “Le lisier est plus fluide, il y a moins de gaspillage de paille dans le couloir de raclage mais les débris s’accrochent aux poils de la
mamelle.”

Moins de repousses
et d'adventices


D'un point de vue agronomique, même s'il y a une perte matière organique, de phosphore et de potasse, celles-ci sont minimes et l'incidence est nulle si la menue paille est restituée via le fumier explique Michel Falchier de la chambre d'Agriculture de Bretagne. L'avantage principal est la diminution des populations de limaces par la limitation des repousses de la culture et le déstockage des graines d’adventices. Dans une mise en culture de menue paille, c'est l'équivalent de 62 pâturins/m2 ou 60 vulpies et 3 gaillets/m2 qui ont été observés selon les essais.

Quelle quantité récupérée à l'hectare ?


Un essai mené sur deux ans par le réseau des Cuma montre qu'il existe une grande variabilité des résultats selon les systèmes de récupération. De nombreux paramètres interviennent sur les variations de rendement qui vont de 500 et 2 000 kg par hectare : le type de culture et sa maturité, la qualité et le rendement de la paille, le type de moissonneuse et ses réglages, les conditions de récolte notamment l'hygrométrie.

L'intérêt économique confirmé


En 2011, un comparatif avec et sans récupération a été établi sur un chantier de 25 ha de blé. Avec un système turbine, ce sont 910 kg/ha de menue paille qui ont été récupérés, soit 20 % de paille en plus. Pour récolter les 22,75 tonnes supplémentaires sur les 25 hectares, le surcoût est calculé à 451 euros (battage, pressage, transport, rangement). Le coût de revient à la tonne de paille se révèle identique : 19,96 €/tonne sans récupération et 19,93 €/tonne avec. Par rapport à un achat de la même quantité de paille à un tarif de 70 €/tonne rendu cour de ferme, l'économie réalisée se chiffre à 1 141 € sur les 25 ha.

Sabine Huet


Pour en savoir plus

Retrouvez deux pages spéciales dans notre édition datée du 25 juillet 2014.

Sabine Huet
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