Publié le
Vendredi 4 septembre 2015

La dolomie, ou comment conjuguer litière et chaulage

Dans les élevages en bâtiment, la dolomie du Poitou peut faire office de litière. “C’est intéressant pour les éleveurs qui ont besoin à la fois d’économiser de la paille et d’amender les champs”, explique Jean-Marie Guéret, technicien élevage chez Terrena. La dolomie est une roche sédimentaire d’origine marine contenant 30 % d’oxyde de calcium et 20 % d’oxyde de magnésium à l’état de carbonate. Cet amendement calcique et magnésien permet de maintenir la neutralité des sols ou de corriger les pH trop acides. Mais le produit a d’autres avantages. Souple et absorbant fortement l’urine, il est utilisé couramment dans les manèges à chevaux.
Les carrières Iribarren d’Usson-du-Poitou (Vienne) ont testé avec succès leur dolomie du Poitou en élevage bovin, ovin et caprin. “C’est une solution qui peut aussi s’appliquer en volailles, avec un produit asséchant pour éviter les fermentations.” L’entreprise familiale extrait, broie, assèche et livre le produit dans tout le Grand-Ouest. Selon la distance de livraison, le coût varie de 27 à 40 euros la tonne. Arrivée sur la ferme, la dolomie est étalée au chargeur sur une épaisseur de 5 cm, soit 5 m3 pour 100 m2. Avec une densité de 1,4 tonne par m3, il faut compter 7 tonnes pour 100 m2. “Mais, il faut raisonner en termes de besoins d’amendement, en général 2 tonnes par hectare.” Deux solutions se présentent :
- étaler le minéral pur, puis quand la litière commence à être souillée, après trois semaines environ, curer ou pailler au dessus ;
- épandre la dolomie sur une fine couche de paille pour faciliter la reprise du fumier, et pailler régulièrement en litière accumulée. En système raclage de lisier, cette pratique est déconseillée car jugée “trop abrasive pour les pompes”.


Satisfaction en bovin viande



En Ille-et-vilaine, le Gaec Gicquel a été confronté au manque de paille lors de l’agrandissement de l’atelier jeunes bovins à l’engraissement, passant de 280 à 360 places. Parallèlement, certaines parcelles avaient besoin d’être chaulées. La solution a été trouvée avec la dolomie, utilisée en litière accumulée dans le bâtiment. “Au lieu de 6 kg de paille par animal par jour, j’ai réduit à 2 kg”, raconte Bruno Gicquel. A raison de 80 € la tonne de paille, l’exploitant estime l’économie à 10 € par jeune bovin par mois. Le coût de la dolomie n’a pas été pris en compte car l’amendement calcaire aurait quoi qu’il en soit été réalisé. On peut également considérer une économie d’épandage de l’amendement (environ 7 € la tonne) car la dolomie mélangée à la paille est épandue avec le matériel habituel.


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4 décembre 2020 - N° 49
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