Publié le
Lundi 7 mars 2011

La branche volaille ne parle pas que des GMS

Le groupement volailles d'Agrial fait les mêmes conclusions que l'ensemble de la filière : la grande distribution doit faire un geste. Les responsables n'éludent cependant pas les marges de progrès. L'année 2010 aurait pu être une bonne année, aux vues de la consommation… Mais la flambée des céréales a tout remis en cause. Et les distributeurs n'ont pas aidé. Pourtant, “il y a urgence à répercuter la hausse des coûts sur les prix à la consommation”, insistent les producteurs. Message à l'intention de l'abatteur ? “C'est nécessaire, reconnaît Didier Secoué, mais de telles variations ne peuvent être répercutées qu'en grandes surfaces.” Dans les rayons, le prix doit donc s'élever de 20 ct/kg pour le poulet standard, et de 30 ct pour le label. “Selon la consommation annuelle (25 kg, toutes volailles confondues), cela représente moins de 8 euros par an pour le consommateur”, calculent les responsables.

Quant aux contrats entre éleveurs et céréaliers, tels que les propose la FNSEA et les soutient le ministère, ils ne vont pas constituer “une solution d'ensemble”, analyse Gilbert Herpe : “Cela permettra d'écrêter les pics et les chute de prix les plus basses. Mais il faudra d'autres solutions.”

Raccourcir les vides

Le groupement veut donc aider ses producteurs à mieux appréhender les nouvelles fluctuations : une réflexion est menée pour dépasser la marge poussin/aliment (PA) et proposer le calcul du prix de revient par lot. “Les marges PA augmentent mais les marges nettes baissent…” relève un producteur. Pierre Clément, responsable de filière avicole, prend note mais souligne aussitôt qu'il existe “de grandes différences de résultats d'un élevage à l'autre, y compris avec un même bâtiment” et qu'il faudra “travailler aussi sur les économies d'énergie” (la dernière enquête avicole avait en effet montré une variation de 1 à 4 entre les résultats d'éleveurs).

Gilbert Herpe a par ailleurs mis en garde contre des “vides immesurés”, notamment en période estivale. “On peut comprendre que les éleveurs aient envie de prendre des vacances, c'est légitime. Mais nous sommes dans une réalité économique, où le marché ne s'arrête pas. Faîtes vous remplacer, échangez avec votre voisin … Débrouillez-vous pour trouver des solutions, il faut raccourcir ces vides.”
Agrial a versé 312 000 euros d'aides en 2010, pour la création, la reprise et la rénovation de bâtiments ; 119 000 euros dans le groupement volailles standard et 192 000 euros dans le groupement volailles label.

Dinde et poulets : des situations extrêmes

Comme partout, le poulet se porte bien et la dinde beaucoup plus mal. Les mises en place ont diminué de 11 % en label, depuis 2008, et de 3 % en standard, passant sous la barre des 60 millions de têtes. La consom-mation est pourtant repartie (+ 1,6 % en 2010). Autre remarque, les marges PA fléchissent sur les mâles, après quatre ans de progression (-0,89 €/m2 en 2010 pour l'ensemble des éleveurs ; -0,41 €/m2 pour les deux tiers), pour un âge et un poids d'abattage restés stables. Sur les lots mixtes, les marges continuent de s'améliorer (+ 20 % en quatre ans). On observe tout l'inverse en poulet : légère progression du poids moyen (+ 5 g), nouvelle progression de la marges PA (+ 0,28 €/m2) et diminution continue de l'âge d'abattage (37 j), avec un gain de GMQ (+ 1,5 g en un an). La production de poulets représente 61 % de l'activité, la dinde 30 %.

Voir plus

Le journal
25 septembre 2020 - N° 39
Actualités
Flash Infos
Agenda
Annonces
Recherche