Publié le
Mardi 17 mai 2011

J'ai augmenté l'autonomie fourragère et protéique

Après avoir découvert l’exploitation de Fabienne et Gérard Quinton installés sur Chailland dans l’édition du 29 avril, nous nous arrêtons cette semaine chez Aurélien Sabin au sud de la Mayenne. Petit tour d’horizon des pâturages chez un jeune très motivé par la recherche d’autonomie…F. Derepper : Pouvez-vous présenter votre ferme en quelques mots ?
Je suis installé depuis 2002 à Ballots, dans le canton de Saint-Aignan-sur-Roë. J’ai 31 ans et j’ai choisi ce métier par passion. L’exploitation que j’ai reprise, après un tiers, est composée de 32,5 ha avec un quota de 227 000 l et 40 vaches laitières de race montbéliarde. Vingt-deux hectares sont groupés et accessibles par les vaches laitières, 4,5 ha sont à 500 m et servent pour les génisses, et les 6 ha restant se situent à 2 km de l’autre côté d’une route départementale fréquentée.

Pourquoi avoir choisi un système herbager pâturant ?
Depuis quatre ans, et suite aux demi-journées “bouts de champs” organisées par le Civam AD, j’appréhende de mieux en mieux la gestion de l’herbe. Par le biais de ces rencontres, nous échangeons en groupe de travail sur la pousse de l’herbe quatre fois au printemps, à des moments clés de la pousse. Cela m’a conforté dans mes choix d’orienter le système en utilisant plus d’herbe au détriment du maïs. J’ai pu augmenter l’autonomie fourragère et protéique de mon troupeau et diminuer très nettement mon coût alimentaire.

Comment s’est passé le début de saison d’herbe 2011 ?
Cette année, les vaches laitières ont été mises à l’herbe la dernière semaine de février. Le déprimage a duré trois jours par paddock de 90 ares chacun. Le deuxième passage a débuté le 14 avril. La pousse d’herbe étant suffisante, j’ai arrêté la distribution du maïs ensilage le 26 avril. Je profite donc de la flambée de croissance précoce de l’herbe, qui m’a fait gagner sept à huit jours de pousse sur l’avancement de mes paddocks. Mon objectif est de pâturer jusqu’à fin juin sans faucher, à l’exception des parcelles non accessibles. Le temps sec de ce mois d’avril [7 mm sur le site] m’a permis de faucher très tôt [14 avril] une jeune prairie [RGA-fétuque-luzerne-TB-lotier] ainsi qu’une autre en fétuque-luzerne au 29 avril en ensilage précédemment déprimé par les vaches. Cette année, j’ai également ensilé [6 mai] un mélange céréalier [seigle, avoine, triticale, pois, féverole et vesce] pour remplacer une partie du maïs et renforcer encore plus mon autonomie alimentaire.
Pour le moment, le temps sec n’est pas une contrainte trop forte mais il ne faudrait pas que cela se prolonge trop longtemps ! Les 15 mm tombés le premier week-end de mai sont bénéfiques pour les prairies et les cultures mais on en espère beaucoup plus avec le déficit accumulé depuis cet hiver !
Déprimage : ce premier pâturage de l’année en sortie d’hiver ou début printemps, à plusieurs intérêts. Il permet de nettoyer l’herbe résiduelle ayant poussé sur la période de repos hivernal. De plus, il favorise le développement du plateau de tallage de la graminée. Il permet aussi à la légumineuse d’absorber plus de lumière et de faciliter ainsi son activité. Enfin, un déprimage chronologique et bien géré [sortie à 4-5 cm] est la clé du décalage de pousse entre chaque paddock, et donc de maîtrise de gestion de l’herbe sur les cycles suivants…

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