Publié le
Lundi 4 juillet 2011

Ils sont passés de 200 à 700 chèvres

Au Gaec Vignais, à Grez-Neuville, le nombre de chèvres est passé de 200 à 700, avec l’arrivée d’une huitième associée. Un choix qui a supposé d’importants investissements. A La Blinière, on voit les choses en grand. Le Gaec compte huit associés (quatre couples), quatre productions (vaches laitières, vaches allaitantes, volailles label et chèvres), pour une surface de 265 hectares (33 ha/associé).
Benoît était le premier des trois frères Vignais à s’installer, il y a vingt ans. Ses deux cadets et les épouses l’ont rejoint, puis un septième associé, et enfin sa femme, tout récemment. C’est à son arrivée, que tous ont décidé d’augmenter sensiblement le cheptel caprin. “C’était la production où il y avait des capacités en terme de développement, il y a avait des besoins en lait”, explique Benoît. “Au départ on était parti pour s’arrêter à 500 chèvres. De toute façon il nous fallait une nouvelle salle de traite et créer de nouveaux bâtiments, alors une fois partis, on a décidé d’optimiser en développant de manière plus conséquente.” Le problème restait le foin. La solution était de s’équiper d’un séchoir : bâtiment, équipement de ventilation, isolation du plafond, griffe, etc. Le séchage en grange permet plus de souplesse dans la récolte et surtout une meilleure valeur nutritive. Donc potentiellement, une meilleure productivité laitière des chèvres. Avec une production annuelle moyenne de 300 tonnes de foin, le Gaec est à peu près autonome en fourrage.

1h15 à 1h30 pour la traite
Pour la salle de traite, “l’objectif était de ne pas passer plus de temps à la traite qu’avec 200 chèvres”. “On ne peut pas faire 700 chèvres sans avoir le matériel adapté”, constate Nadège. Alors ils ont opté pour un roto. Résultat : chaque matin et chaque soir, cela prend 1 h 15 à 1 h 30 seulement, à deux personnes.
Le montant total de ces équipements reste secret. Si l’exploitation a pu se permettre de tels investissements, c’est parce qu’elle avait une situation financière saine. “Et puis le prix est à diviser par le nombre d’associés”, glisse Nadège. “Il y a des fois où l’on se dit qu’on aurait pu augmenter le cheptel encore davantage”, ajoute son mari Benoît. Mais il y avait un facteur limitant, de toute façon : le plan d’épandage.
Des ateliers de 700 chèvres ou plus, est-ce l’avenir de la production caprine ? Au sein de l’Union caprine 49, la question semble faire débat. “Il n’y a pas forcément un modèle unique à suivre”, pense l’ancien président Raphaël Brunet. Pour son successeur François Poirier, “peut-être que les élevages de 200 chèvres à l’avenir devront développer des débouchés en circuits courts pour mieux valoriser”.

L’UC mobilisée sur le dossier “cellules”
L’Union caprine, qui tenait son assemblée générale le 23 juin, se mobilise avec la FNEC (Fédéra-tion nationale des éleveurs de chèvres) pour repousser l’application de “l’accord cellule”. Au printemps, la FNCL (Fédération nationale des coopératives laitières ) dénonçait cet accord sur la qualité du lait pour relancer une nouvelle grille avec des augmentations des pénalités pour le lait à plus de 3 millions de cellules. Une façon d’inverser la tendance générale à l’augmentation des cellules dans le lait observée depuis trois ans. Cette nouvelle grille représentait 6 euros de perte en moyenne par 1 000 litres, mais pouvait grimper jusqu’à 70 € pour les troupeaux qui avaient le plus de problèmes sanitaires.
L’accord interprofessionnel est presque calé. “On va apporter des modalités pour les plus fortement pénalisés”, prévient François Poirier, président de l’Union caprine. Il s’agit de repousser la date de mise en application de la nouvelle grille. Les éleveurs souhaitent une application début 2012 et non en juillet 2011 comme initialement prévu. La FNCL aurait d’ores et déjà accepté un report à octobre. Prochaine étape : le conseil d’adminis-tration de l’Anicap (interprofession) le 12 juillet au cours duquel le plan de sortie de crise pourrait être signé.

Nouveaux membres à l’UC
Tiffany Errien, Arnaud Mercerolle, Sylvain Piet et Christophe Leteurtre rejoignent l’équipe d’administrateurs de l’Union caprine 49. Ils remplacent Alain Hérissé, Pascal Vincent, Catherine Jolivet-Morin et Stéphane Mercerolle. Pas de changement en revanche dans le bureau.

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