Publié le
Vendredi 27 juin 2014

Ils ont automatisé entièrement la distribution de fourrage

Au Gaec de la Picoulière, on aime les machines modernes. Les travaux culturaux se font au guidage par satellite, et voilà six ans qu'un robot de traite a remplacé l'ancienne salle de traite. Outre un intérêt évident pour la technologie de pointe, les deux frères Thierry ont pour objectif de réduire l'astreinte et se dégager du temps libre. Dernier investissement en date, en février dernier, un système d'alimentation automatisé.
L'équipement est constitué de trois éléments : une “cuisine”, sorte d'aire bétonnée où sont déposés les composants des rations, dans des cases peintes au sol. Un grappin fixé à une grue (mobile) permet de sélectionner, prélever puis charger le fourrage dans le robot pour y être mélangé. Le robot va ensuite distribuer automatiquement l'alimentation aux vaches, selon le parcours programmé par l'éleveur. “Dans les élevages laitiers, l'alimentation est le deuxième poste d'astreinte après la traite, cela permet un gain de temps considérable, avance Hervé Clautour, responsable produit chez Lely France. L'éleveur remplit l'espace de
stockage pour trois jours et il est tranquille ensuite”.


Moins de gaspillage



Autre avantage avancé, la gestion de la ration, plus précise. Le système automatisé permet de gérer jusqu'à seize fourrages différents. Une caméra optique 3D permet de vérifier s'il reste du fourrage et comment il se présente pour adapter la position du grappin. “On peut enfin adapter la ration à l'âge de l'animal, s'enthousiasme Bertrand Thierry. Avant, on faisait un trajet avec le bol mélangeur, puis un deuxième trajet pour le deuxième bol. Et ce n'était pas aussi précis qu'aujourd'hui”. Désormais, il peut y avoir davantage de bols, autant que de groupes d'animaux. Le robot fait la distribution, mais repousse aussi l'aliment à l'auge et contrôle le niveau pour adapter le volume en fonction des besoins. “Il y a moins de refus. Avant on jetait quasiment 200 kg par jour, maintenant on ne jette plus qu'une brouette par semaine.” Le robot passe six fois par jour pour livrer de l'aliment toujours frais. Un aliment qui ne se dégrade pas, puisqu'il est stocké en cubes (l'éleveur a dû s'équiper d'une désil cube pour stocker le fourrage dans la cuisine).



150 000 euros



Tout cela a un coût qui est loin d'être négligeable : 150 000 euros pour l'ensemble de l'équipement et le bétonnage le long des bâtiments pour faire circuler le robot. Un investissement sur douze ans, “mais ici tous les bâtiments sont amortis”. Chez le constructeur Lely, on met en avant les économies générées : “On soigne les animaux pour deux euros par jour seulement, a calculé Hervé Clautour. Tout est électrique, le moteur principal a une puissance nominale de seulement 3,5 kW et les autres équipements, 0,75 kW. Si vous comptez le temps que vous passez autrement chaque jour avec le tracteur et la mélangeuse, cela représente 15 euros par jour.” Le responsable produit met aussi en avant les économies de fourrage (difficile à chiffrer) et le gain de temps. Bertrand Thierry, lui, n'ose trop avancer de chiffres et préfère donner rendez-vous dans un an, quand il aura un peu de recul. En attendant, il a un motif de satisfaction incontestable : “Je passe plus de temps avec ma famille.”


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