Publié le
Vendredi 9 octobre 2015

Il invente le couteau suisse du semis direct !

Quand on change de méthode, il faut tenir le cap des cinq ans et ne pas se décourager. S'il y a trop de salissement par les graminées, le problème vient de la rotation avec trop de cultures d'automne. Mais si on remet la charrue entre deux, on s'en sort jamais !” Marcel Girault, 68 ans, aussi passionné qu'un jeune installé, est intarissable sur le sujet. Cela fait 25 ans qu'il ne laboure pas ses sols et pratique l'agriculture de conservation. Il a établi sa rotation sur deux cultures d'hiver suivies de deux cultures de printemps, en alternant graminées et dicotylédones. “Mon sol très battant, est devenu ultra vivant, grumeuleux, avec une porosité surprenante. Il n'y a plus rien à faire”, s'amuse-t-il.


Un combiné conçu de toutes pièces



Ayant expérimenté divers outils et techniques d'implantation de cultures, Marcel Girault a eu l'idée de créer sa propre machine, le Magisem. Ma comme Marcel, Gi comme Girault, mais surtout Magi comme magique ! Car c'est un outil multifonction tout en un ! “Depuis sept ans, je l'ai constamment amélioré”, raconte-t-il l'œil pétillant. Et les idées fourmillent toujours dans la tête de l'agriculteur pour perfectionner l'engin.


Quatre poutres supportent chacune quatre dents de vibroculteur VTH de chez Konsgkild, à grand dégagement. Elles sont terminées par une patte d'oie de 10 cm de large. Les seize dents sont doublées d'une descente de semis. Entre la première et la deuxième poutre, une rangée de quatre dents “queue de cochon”est ajoutée pour la mise en place des couverts hivernaux. Un train de disques de couverture s'ensuit pour “refermer les rangs”. Et un rouleau caoutchouc de rappui et de réglage de la profondeur termine l'appareil. Toutes les pièces d'usure ont été fabriquées en carbure. “ J'ai des terres usantes, mais grâce à l'arrêt du labour, le matériel s'use moins car il y a plus d'humus dans le sol”.


Sur le dessus des poutres, deux trémies sont installées, pour pouvoir disposer simultanément deux types de semences, ou graines et fertilisants. La trémie “Accord” à l'avant peut être remplacée par un module d'éléments semeurs monograines pour l'implantation du maïs.


Devant le tracteur, un John Deer de 125 cv équipé RTK, est attelé le rouleau Faca. “Il sert de masse pour pouvoir lever l'outil en bout de champ, il écrase la végétation vivante et il aide le tracteur à rester en ligne.” Avec sa machine innovante, Marcel Girault estime sa consommation de fuel à 7 litres/ha au lieu de 33 à 42 litres/ha (selon le taux d'argile) constaté auparavant avec des implantations de culture au combiplow, rotavator et semoir Monosem. Ca donne à réfléchir !


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18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
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