Publié le
Vendredi 5 avril 2013

"Il faut manger français dans les cantines"

Isabelle Leballeur, est productrice de volailles, en zone périrubaine du Mans, en Gaec avec son mari et son fils (ainsi que viande bovine et porc multiplicateur). Elle est par ailleurs élue à la chambre d’agriculture de la Sarthe, au bureau de la FDSEA72, administratrice du GIE Elevage, de la CFA (confédération avicole, FNSEA), et du Cravi (comité régional avicole, composé des groupements et syndicats).

On le voit, acheter à tout prix moins cher revient souvent à s'approvisionner à l'étranger. Aujourd'hui, on estime à 45% le taux de poulets consommés en France issus des importations. Et dans la restauration hors domicile (écoles, hôpitaux, etc.), c'est encore pire que dans la grande distribution. Nos élus doivent y être sensibles.

Le local: 1,30 euros pour la cantine scolaire

Je suis adjointe au maire, en charge de la cantine, dans ma commune [Pruillé-le-Chétif]. J'ai découvert les offres de volailles brésiliennes et même thaïlandaises. Mais depuis un an et demi, on peut inscrire la notion de proximité, et donc l'obligation d'achats de produits français, dans les appels d'offres auxquels doivent se soumettre les collectivités. Même si acheter local revient à acheter à l'autre bout de la France, c'est déjà pas mal.

Dans ma commune, pour les volailles entières, on achète local, du Loué; pour la découpe, Le Gaulois [deux marques conditionnées par l'abattoir LDC de Sablé-sur-Sarthe]. Il faudrait pouvoir le généraliser à toutes les viandes.

Pour concilier proximité et qualité, on travaille à moins produire de déchets - Il faut aussi relativiser: sur une assiette scolaire à 6 euros, les produits de l'agriculture représentent 1,30 euros.

Susciter l'achat citoyen

Les pays qui nous vendent leur volaille, protégent mieux leur marché, c'est dans leur culture. Ils consomment leur production intérieure, point barre! Mais en même temps, ils ont aussi cette capacité à exporter. L'achat citoyen est peut-être moins naturel en France; les GMS ne nous ont pas non plus aidés dans ce sens. En Allemagne, les abatteurs se sont déjà accordés avec les enseignes, comme Lidl par exemple. Leur offre de produits est plus simple, moins élaborée que chez nous. Cela réduit les coûts et leur permet aussi de gagner facilement les rayons de ces mêmes enseignes, en France. Comme les producteurs étrangers, on doit massifier l'offre.

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