Publié le
Vendredi 3 octobre 2014

GES : et concrètement, pour un éleveur ?

En marge des grands engagements de principe mondiaux, quel est l’intérêt et les moyens des agriculteurs pour réduire leur émission de gaz à effet de serre (GES).

Les GES : un réel enjeu pour l’agriculture ?="font-size:>


Oui, comme pour le reste des activités humaines. “L’agriculture est face à trois grands enjeux, à long terme, que sont la protection de l’environnement, la gestion des ressources en eau et la préservation de la biodiversité”,expliqueJean-Baptiste Dollé, en charge de la problématique Environnement à l’Institut de l’Elevage (Idele). Et si le monde agricole ne fait rien, trois conséquences pourraient lui être néfastes, de manière plus ou moins proche : aux niveaux marketing, “on le sent déjà”, financier, “s’il y a création de nouvelles taxes”, ou des potentiels de production, avec l’apparition de “problèmes liés à la pousse des végétaux ou au manque d’eau”.

L’agriculture a, du reste, un poids non négligeable sur l’empreinte carbone mondiale : elle représente 20 % des émissions de GES. Et si l’interprofession bovine insiste sur le fait que “seules 10 % de ces émissions sont liées aux élevages herbivores” [lire aussi ci-contre], de façon globale, “ce sont surtout les gros ruminants qui participent aux GES”, rappelle Jean-Baptiste Dollé. “Les monogastriques, par exemple, n’émettent pas de méthane entérique, représentant à lui seul 50 % des émissions de méthane” dans le monde.

Quels systèmes privilégier ?


Les résultats ne sont pas liés aux pratiques. Un système très productif peut s’avérer aussi vertueux, en termes de GES, qu’une exploitation engagée en agriculture durable. “En fait, on constate que ceux qui obtiennent les meilleurs résultats sont aussi ceux qui contribuent le moins aux émissions de GES. Ce n’est pas une question de productivité, mais d’efficience globale du système”, indique Jean-Baptiste Dollé.

Les chercheurs travaillent donc à affiner une méthodologie qui permette de chiffrer au mieux le bilan carbone des exploitations, selon leur mode de production. Car il existe une très grande variabilité entre systèmes d’élevage. “On ne pourra pas homogénéiser les pratiques, mais plutôt les valoriser.” C’est l’objectif du programme Carbon Dairy qui rassemble 23 partenaires dans les six principales régions laitières françaises - les trois du Grand-Ouest, le Nord-Pas-de-Calais, Rhône-Alpes et Lorraine. Ce plan compte 60 fermes témoins ; elles seront 150 dans le plan qui concerne l’élevage allaitant, sur le point d’être présenté.

D’autres initiatives existent, bien sûr, comme les fermes pilotes du Parc régional Normandie-Maine via le “diagnostic énergie-GES”.

Trois marches possibles pour agir


Un producteur de lait peut-il facilement optimiser son système afin d’alléger son empreinte carbone ? “Il peut augmenter ses surfaces de prairies, même temporaires, intégrer plus de légumineuses et recourir à du tourteau de colza plutôt que du tourteau de soja, ou à la rigueur, du soja qui ne contribue pas à la déforestation” en Amérique du Sud [un label “soja responsable” existe], énumère Jean-Baptiste Dollé. On peut considérer qu’il y a “trois marches, plus ou moins contraignantes, à gravir pour réduire son impact en GES. Une première, sans incidence économique” (légumineuses, et gestion optimisée de la fertilisation, etc.) Une deuxième, avec “un léger surcoût” en se lançant par exemple dans le sans-labour ou la méthanisation (“un léger surcoût” du fait d’un “amortissement sur plusieurs années, mais c’est rentable quand même”). La troisième marche est la plus importante, et “plus onéreuse” surtout, comme la replantation de haies.

Frédéric Gérard


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Frédéric Gérard

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