Publié le
Mercredi 11 novembre 2020

[Fibre et Haies] Il valorise ses haies en litière pour ses vaches

Fabien Chauveau	: "On avait fortement réduit notre assolement de céréales parce qu’on s’orientait vers un système plus...
Fabien Chauveau : "On avait fortement réduit notre assolement de céréales parce qu’on s’orientait vers un système plus herbager, donc on avait moins de paille pour la litière."

Au Gaec de la Croix-Rouge, à Echemiré (Baugé-en-Anjou, Maine-et-Loire), Fabien Chauveau utilise les plaquettes de bois de ses haies en litière pour ses vaches, depuis deux ans.

La valorisation du bois de haie en litière, ici, c'est au départ "un peu un concours de circonstances". Il y a trois ans, le Syndicat mixte du bassin de l'Authion a lancé une campagne d'aménagement des abords de ruisseaux auprès des propriétaires. Le Gaec de la Croix-Rouge s'est donc retrouvé avec un gros volume de bois : 1 550 m3 de bois, de quoi faire du paillage pendant trois ans. "On venait de commencer notre conversion bio, notre assolement de céréales avait fortement diminué parce qu'on s'orientait vers un système plus herbager, plus autonome", raconte Fabien Chauveau. "On passait de 80 hectares à une vingtaine d'hectares de céréales." Moins de céréales, c'est donc moins de paille pour la litière des vaches. Ainsi est venue l'idée d'utiliser les copeaux de bois, pour compenser : 470 m3 par an.

Il utilise encore la paille en période hivernale : 150 tonnes au total. Puis dès le début du pâturage, il remplace par les plaquettes de bois. De quoi économiser 110 tonnes de paille par an.

Plan de gestion durable des haies

Au départ, il a eu "quelques questionnements, avec le bois" : y aurait-il un impact sur la qualité du lait ? Ou sur le plan sanitaire ? Tout s'est finalement bien passé, les vaches n'ont pas eu plus de cellules : "La litière en plaquette de bois est plus absorbante que celle en paille, donc plus saine", observe l'éleveur.

Mais avant de répandre le paillage bois dans la stabulation, les plaquettes doivent avoir été stockées six mois minimum, le temps de se stabiliser, "sinon ça chauffe". La gestion est simple et moins chronophage que la litière paille : "Le paillage n'est pas quotidien, on passe juste le vibro deux fois par semaine pour aérer la litière, éclater les bouses et donner un aspect composté, cela prend quinze minutes à chaque fois." Et c'est à peu près tout. "L'été on peut être éventuellement amené à faire un paillage plaquettes pour compléter."

Le test est concluant, Fabien Chauveau veut maintenant aller plus loin. Il a planté un kilomètre de haies l'hiver dernier. Il compte faire un plan de gestion durable de ses haies (PGDH) pour organiser une gestion rationnelle de sa ressource. Et les haies, ce n'est pas que pour la litière : "Cela réduit l'évapo-transpiration, cela fait de l'ombre, c'est un refuge de biodiversité, etc. Il y a plein d'externalités positives."

Antoine Humeau
Le journal
27 novembre 2020 - N° 48
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