Publié le
Vendredi 22 avril 2016

En bio, des ovins viande pour valoriser toute l'herbe

“J'ai construit une seconde bergerie, avec une partie financée par le PMBE.” Il est à la tête d'une troupe de 280 brebis pour une surface de 65 ha, dont 40 ha sont accessibles directement au pâturage. “J'ai un système tout herbe, avec des prairies de très longue durée à base de fétuque, qui est riche en cellulose, ray-grass et trèfle blanc, sur des terres très humides. Je n'ai qu'une période d'agnelage. Au départ, j'avais des Suffolk et des Vendéen. Maintenant je ne remets que des béliers Charollais, une race aux bonnes qualités
bouchères et assez prolifique, qui convient bien à l'herbe.”


Valoriser l'herbe
au maximum



L'éleveur valorise l'herbe au maximum, en misant sur du foin de qualité. “A l'extérieur, mes brebis sont en tout herbe. Quand elles rentrent en bergerie, le plus tard possible, je ne leur donne que du foin. Elles ont un apport d'argile et de chlorure de magnésium, avec aussi un peu de tanin de châtaignier pour renforcer leurs défenses immunitaires. Les agnelles ne sont pas saillies la première année. Les agneaux sont élevés au lait maternel jusqu'au sevrage et sont finis au colza fourrager, cultivé sur 1,5 à 2 ha. Je l'ai testé l'an dernier pour remplacer le mélange céréalier (pois, féverole et triticale) que j'utilisais, et ça a bien marché.”


L'éleveur se simplifie le travail au maximum, par exemple en faisant le moins de lots possible. L'inconvénient, c'est d'avoir un bâtiment qui n'est occupé que trois à quatre mois par an, pour les agnelages, de février à début avril. Le temps de pâturage est de trois à quatre jours sur chaque parcelle, et il réserve les meilleures aux agnelles qui ont deux agneaux. En ovins bio, les résultats technico-économiques sont plutôt plus faibles qu'en système conventionnel, alors que les coûts de production sont
supérieurs (1).



Point sensible :
le parasitisme



“C'est assez compliqué en bio, car il faut jouer sur tous les tableaux”, note l'éleveur quand il évoque le parasitisme, d'autant plus qu'il ne vaccine pas. “Pour renforcer l'immunité des brebis, les vermifuger est utile. L'analyse coprologique est aussi un bon indicateur et en cas de souci, je vermifuge derrière. Quand les agneaux sortent pour la première fois, je les mets sur des îlots sains afin de prévenir tout risque. Pour lutter contre ténias et strongles, je réalise un ou deux traitements sur les agneaux et les brebis. Et au moment des mises bas, j'ai parfois recours à un peu d'homéopathie.”


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