Publié le
Vendredi 23 janvier 2015

Economiser 167€/t de matière sèche !

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Eleveurs des Mauges, ils sont quatre candidats au changement de pratiques à s’être inscrits. La formation se déroule en quatre étapes. Pour la première journée, c’est Francis Béduneau, éleveur laitier à Sainte-Christine, qui accueille le groupe. Ce sera l’occasion de faire un tour de ses prairies et d’identifier les atouts et les contraintes de son système fourrager. Autre temps fort de la formation, un adhérent du Civam vient témoigner de son expérience du pâturage tournant. Lors de chaque journée, un point technique ou économique est détaillé avec repères concrets et chiffres à l’appui.


Pâturage tournant, pâturage gagnant ?



Lors de la première séance, Anne Marquet, animatrice, proposait une réflexion sur les coûts de production. Comparer le coût du maïs ensilage distribué à l’auge et le coût de l’herbe pâturée a permis aux agriculteurs de mesurer l’impact économique possible sur leur exploitation. Pour l’évaluation, le groupe s’est attaché à recenser tous les postes. Rien n’a été laissé au hasard : les charges opérationnelles de la culture, les frais de distribution mais aussi la correction azotée pour équilibrer la ration. Sur la base d’un rendement moyen en maïs de 13 tMS à l’hectare, ont été additionnés les intrants pour 30 à 40 euros/tMS, les frais de mécanisation pour 20 à 30 euros/tMS, les frais de récolte (ensilage, transport, bâche) pour 30 à 40 euros/tMS, de distribution 20 à 30 euros/tMS et le coût du soja et du colza pour 72 euros/tMS. Le maïs ensilage arrivé à l’auge a ainsi été chiffré à 202 euros/tMS.


L’estimation du coût de l’herbe pâturée est basée sur un rendement de 10 tMS/ha dont seule la moitié est pâturée. Le coût d’implantation d’un mélange graminées légumineuses amorti sur sept ans et les frais de clôture et d’abreuvement des animaux font ressortir la tonne de matière sèche à 30 – 40 euros. L’économie réalisée en remplaçant le maïs ensilage par l’herbe pâturée est donc évaluée à 167 euros/tMS.



Un niveau d’EBE identique



A partir de là, le gain possible sur l’exploitation de Francis Béduneau est simple à calculer. En faisant plus pâturer ses 60 vaches sur la période d’avril à juin, il pourrait économiser 5 kg de maïs ensilage par jour par bête. Sur 90 jours, cela représente une économie de 27 tonnes, soit 4 500 euros.


Pour Anne Marquet, le système herbager permet de réduire les coûts opérationnels tout en conservant le même niveau de résultat disponible. Une comparaison des exercices comptables 2011 du Rica (1) et des adhérents Civam au sein du Rad (2) montre que l’EBE des exploitations en système herbager “économe et autonome” est plus faible que la moyenne des exploitations du Rica (68 000 euros contre 80 000 euros) mais qu’en résultat courant, les deux systèmes se rejoignent autour de 43 000 euros. “La limite du système, ce sont les investissements en cours”, explique l’animatrice. En effet, quand on est engagé dans un système classique qui a généré des emprunts conséquents, il faut être vigilant quand on évolue vers d’autres pratiques et veiller à ce que le niveau d’EBE permette toujours d’honorer les annuités en cours. C’est pourquoi le pâturage tournant est souvent une option qui se décide à l’installation ou quand les prêts d’installation sont terminés.


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