Publié le
Vendredi 3 avril 2015

Deux façons d’implanter un maïs sans labour

Semis au strip-till ou semis direct ? Ces deux techniques semblent donner des rendements équivalents aux techniques classiques de semis avec labour, tout en diminuant les coûts de préparation et en améliorant la vie des sols. Des essais d’implantation de maïs avec ces deux pratiques étaient présentés l’an dernier à Innov’action. Dans les deux cas, la levée était homogène et le peuplement suffisant.


1 Deux ou trois passages avec le strip-till



Le travail au strip-till permet de nettoyer la future ligne de semis, d’ameublir le sol et de placer de la fertilisation localisée. Un premier passage est réalisé à l’automne à une profondeur de 17 cm. Objectif : travailler le rang sur 10 cm de large sans remuer l’interrang. “On limite l’érosion et on préserve la biodiversité”, commentait Thierry Gain, animateur à l’Apad (1). Quelques jours avant le semis (précoce), un second passage à 5 cm de profondeur favorise le réchauffement du sol et prépare la ligne de semis. Dans l’essai, le maïs a été semé avec un semoir classique dans un couvert d’avoine brésilienne et trèfle d’Alexandrie. “Le sol doit être couvert au maximum pour éviter les levées d’adventices.” Il doit aussi être bien ressuyé, “c’est le sol qui dicte la date de passage”. Pour repositionner le semoir dans les dents du strip-till, une barre de guidage s’avère rapidement indispensable.


Pour des semis tardifs, début mai, “on peut passer en combiné strip-till semoir, le sol est assez chaud et le temps presse.” Inconvénient de la pratique, elle demande de la puissance. “Le semoir pèse loin derrière le tracteur. L’agriculteur doit donc mettre une grosse masse devant pour limiter le porte-à-faux. Ça nécessite un tracteur puissant.”



2 Un seul passage
en semis direct



Le semis direct limite au maximum la perturbation de la vie du sol, empêche toute érosion et évite les fuites dans le milieu naturel. Dans l’essai, le maïs a été semé dans un couvert avoine pois fourrager. Thierry Gain conseille de désherber chimiquement. “Une destruction mécanique remuerait la terre en surface et favoriserait la germination des mauvaises herbes.” Autre solution : ne rien faire ! “Le couvert épais joue alors un rôle de paillage. Et le coût de l’interculture est amorti.” Là aussi, le semis doit intervenir sur un sol bien ressuyé. Un matériel spécifique s’impose : un semoir adapté au semis direct, assez lourd pour mettre un maximum de pression au niveau des dents ou des disques, surtout en conditions sèches. “Il faut que le semoir puisse rentrer dans le sol même s’il est tassé, compacté par les pluies d’hiver.” Pour la réussite de la culture, il est important de protéger les semences et d’opter pour une variété adaptée à la région, présentant une forte vigueur de départ et ayant la capacité de germer en conditions difficiles.


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