Publié le
Vendredi 10 janvier 2014

Des opposants divers devant la préfecture

L214 est une association de protection animale qui a manifesté mardi dans une dizaine de métropoles régionales, comme ici à Nantes, pour dénoncer les dérives de l'élevage industriel.
L214 est une association de protection animale qui a manifesté mardi dans une dizaine de métropoles régionales, comme ici à Nantes, pour dénoncer les dérives de l'élevage industriel.

Mardi midi, à l'occasion de l'examen en première lecture du projet de Loi d'avenir pour l'Agriculture, une quinzaine de militants de l'association L214 se sont retrouvés devant la préfecture pour dénoncer l'industrialisation croissante des élevages en France.

“L'élevage industriel signifie une dégradation supplémentaire des conditions de vie des animaux” précise Catherine Guilhou, porte-parole de l'association. Mais L214 va beaucoup plus loin et entend démontrer l'impact négatif de la consommation de produits animaux, terrestres ou aquatiques, et proposer des alternatives radicales comme le refus des produits issus de l'élevage intensif.

“Un projet destructeur”


Quatre militants de la Confédération paysanne se tenaient en retrait, gênés par ce voisinage avec des activistes qui tirent régulièrement à vue sur l'élevage dans toutes ses composantes : économique, sociale et environnementale. “On peut partager avec eux certaines choses, mais sûrement pas le fait d'être des éleveurs : nos animaux, si on ne les vend pas, on ne vit pas. Tout simplement” insiste Patrice Lagré, secrétaire de la Confédération paysanne 44. “En revanche, sur le projet des 1 000 vaches dans la Somme, on peut se retrouver sur certains points.”


“Avec un lait à 270 euros la tonne qui ne serait que le sous-produit de l'activité de méthanisation, cette structure menace l'existence même de l'agriculture sur un secteur car l'accaparement des terres au profit de l'industriel entraînera une surenchère sur le prix des fourrages pour les nourrir” poursuit Olivier Touchard, producteur laitier à Vay. “Cette ferme géante a besoin de 3 700 ha pour épandre ses lisiers et présente un bilan carbone très négatif. C'est un modèle destructeur pour l'emploi, l'entretien des paysages et la gestion de l'eau.”

“Mille unités de méthanisation de mille vaches chacune, c'est un million de VL, c'est-à-dire près du tiers du troupeau laitier français. Notre vision du métier repose sur des fermes moyennes réparties sur tout le territoire”. Le syndicat combat la vision de Stéphane Le Foll, pour qui “l'agriculture sortira de la crise par la méthanisation”. Presque au même moment, devant les députés à l'Assemblée nationale, le ministre assurait se battre pour une agriculture avec des agriculteurs, et non défendre un modèle où des investisseurs veulent faire sans eux.

Christian Evon


Christian Evon

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3 juillet 2020 - N° 27
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