Publié le
Vendredi 9 octobre 2015

Des bleus chez les Bleus

Faut qu’je file.” Ce 2 octobre, Yannick Pingliez rentre dans le Loir-et-Cher. Il a fait de la route jusqu’à Chenillé-Changé pour débattre avec ses collègues. Ce garagiste est en train de se reconvertir dans l'élevage, renouant avec l’histoire familiale. Pour lui, la vente de béliers organisée pour la première fois dans le fief de la Rouge des Prés n’était qu’un prétexte : l’important était autour du ring, c'était les rencontres entre éleveurs. En matinée, l’OS et le Crapal (1) les avaient conviés à une réunion pour connaître leurs attentes.


Profils divers



Après avoir quasiment disparu, “la race est aujourd’hui en vie grâce à quelques-uns” admire Aline Madrid. Cette jeune femme a été bergère dans les Pyrénées, et est en démarche d’installation en Mayenne. “Je cherche des mères”, elle n’a donc pas acheté de bélier à la vente, mais a pu prendre contact avec des sélectionneurs. “J’ai pris connaissance de cette journée grâce au site internet.” Un site recréé totalement l’an dernier par un autre jeune passionné, Gaëtan Legrand. Lui n’a que trente brebis à côté de son emploi salarié. Agriculteur, pluriactif, retraité, jeune : “Nous ne vivons pas tous les mêmes réalités, et nous ne sommes pas des mêmes générations” résume-t-il. De là, l’intérêt de cette réunion qui a attiré une bonne vingtaine de personnes.



Quel schéma économique ?



“A l’AG, on était deux jeunes pour 12 vieux. Là, sur 24, on était la moitié de jeunes, c’est énorme !” se réjouit Christophe Chéreau. Il vient de démarrer un élevage aux portes du Mans : 200 animaux. Des béliers Bleus qu’il va croiser afin d’obtenir un cheptel Bleu par absorption. Car le problème de cette race à faible effectif est qu’il n’y a que peu d’agnelles sur le marché. Et l’autre problème est que “le schéma économique en Bleus n’est pas construit”. L’éleveur a pour objectif de faire pâturer toute l’année. Ainsi, il n’y a pas de frais. “100 % à l’herbe, même en vendant les agneaux à 6 mois, je gagne de l’argent.” Ce jeune éleveur bio n’a pas les mêmes pratiques que d'autres qui complémentent l’hiver pour préparer des agneaux pour Pâques.


Les “anciens” sont des passionnés, dont la rentabilité économique de l'élevage n'est pas forcément la priorité. Par ailleurs, leurs débouchés, c’est la sélection, la vente en élevages. Pour les nouveaux arrivants, l'enjeu est différent. “Aujourd’hui, il faut d’autres débouchés, peut-être s’orienter plus vers la viande, avec des béliers plus aptes à donner des agneaux de boucherie ?” reconnaît Didier Juigné, éleveur sarthois de longue date. “Aujourd’hui, mon but, c’est transmettre.” Lui aussi apprécie une journée comme celle-ci, pour rencontrer des porteurs de projets.



Des commissions
pour avancer



Quelle alimentation ? Quels débouchés ? Quelle communication ? Comment faire un atout de ce que certains présentent comme un défaut (les carcasses lourdes) ? Autant de questions qui ont été mises sur la table. “On connaît un engouement, mais qu’est-ce que la race peut apporter aux jeunes ?” résume Hubert Filatre, du Crapal, qui animait cette réunion. Suite au succès de la rencontre, l’OS va mettre en place des groupes de travail (génétique, communication, concours, technique, etc.), pour continuer d’avancer collectivement et faire fructifier le dynamisme naissant. La diversité de profils d'éleveurs rend l'équation difficile, “mais l'OS a proposé cette réunion d'elle-même. Elle est ouverte pour avancer” s'enthousiasme Christophe Chéreau.


Pour en savoir plus



www.bleudumaine.org



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