Publié le
Vendredi 3 octobre 2014

Confédération paysanne et Coordination rurale redoutent le libre-échange

Plusieurs dizaines de militants de la Confédération paysanne ont occupé le siège de Cargill France, filiale de la multinationale agroalimentaire Cargill, à Saint-Germain-en-Laye, le 24 septembre, pour protester contre la signature prochaine de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta), et contre les négociations en cours avec les Etats-Unis (Tafta). Ils ont mis fin à leur action après avoir obtenu un rendez-vous le 26 septembre avec le directeur de cabinet de Matthias Fekl, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, puis “en fin de semaine prochaine” avec le secrétaire d’Etat en personne, affirme leur porte-parole Laurent Pinatel. Il demande “de stopper le Ceta et de mettre fin aux négociations sur le Tafta”.


Une agriculture “capitalistique, industrielle et financiarisée”



L’accord commercial avec le Canada “sacrifierait l’agriculture paysanne au profit de l’agriculture capitalistique, industrielle et financiarisée, des deux côtés de l’Atlantique”, argumente la Confédération. Il entraînera notamment “l’affaiblissement des filières de production déjà fragilisées, comme le bœuf et le porc en Europe et les fromages au Canada grâce à l’augmentation des contingents et la suppression des droits de douane, la remise en cause des IGP et AOP, le renforcement des droits de propriété intellectuelle, la dégradation des droits sociaux, l’harmonisation des normes environnementales et sanitaires au profit des multinationales, la remise en cause des politiques publiques et la mise en place de tribunaux arbitraux privés (ISDS) pour régler les différends entre Etats et investisseurs”.



L’agriculture familiale sacrifiée



La Coordination rurale fait remarquer de son côté qu’alors que 2014 a été déclarée par l’ONU année internationale de l’agriculture familiale, elle “est d’abord marquée par des accords qui la condamnent chez les signataires”, citant l’accord Canada-UE mais aussi l’Accord de Partenariat Economique (APE) avec les pays d’Afrique de l’Ouest. “L’un et l’autre ont en commun la grande opacité dans laquelle se sont déroulées les tractations”.



Validation par le Parlement



Finalisé, l’accord CETA doit maintenant être signé par les 28 chefs d’Etat et de gouvernement européens, mais avec une majorité qualifiée. Il sera intéressant d’observer le vote de l’Allemagne, dont le ministre de l’économie social-démocrate, Sigmar Gabriel, disait encore le 25 septembre qu’il s’opposait à ceratines mesures (mécanisme d’arbitrage) prévus par l’accord. Il devrait rencontrer plus de difficultés au Parlement européen, où il est attendu de pied ferme.


Enfin, s’il devait passer l’étape du Parlement de Strasbourg, le CETA devrait encore être ratifié par les 28 parlements nationaux de l’UE, ce qui promettrait des débats houleux dans les pays les plus mobilisés contre le traité, France et Allemagne en tête.




Négociations UE-Canada


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