Publié le
Vendredi 13 juin 2014

Comment le maire aide à installer

Les élus locaux peuvent faciliter l’activité agricole, mais il est plus difficile d’intervenir directement sur l’installation.
Les élus locaux peuvent faciliter l’activité agricole, mais il est plus difficile d’intervenir directement sur l’installation.

 Les communes peuvent-elles agir pour favoriser l’installation de jeunes agriculteurs sur leur territoire ? De manière indirecte, oui, mais ce n’est pas évident, témoignent quatre maires mayennais, à l’Adearm.

"C’est une des missions des collectivités d’accompagner l’installation” considère l’Adearm, antenne de la Confédération paysanne pour l’installation. Lors de son assemblée le 22 mai, elle abordait cette question, convaincue que l’agriculture mérite un traitement de faveur parce que “ce n’est pas une activité comme les autres”.Les quatre maires invités sont plutôt ouverts aux idées de la Conf’, mais ils ne partagent pourtant pas cette analyse.="text-align:>

Pas de priorité


Patrick Gaultier, ancien élu de la Confédération paysanne à la chambre d’agriculture et maire de Renazé pour un second mandat, explique : “Vis-à-vis de la population, je ne vois pas quels arguments j’aurais pour privilégier un agriculteur plutôt qu’un artisan.” “Des aides, ce n’est pas que pécuniaire” précise Dominique Morin, de la Conf’. Michel Fortuné, maire du Bourgneuf-la-Forêt, reprend : “Le souci permanent d’un élu est de gérer l’intérêt public. On est sollicité pour toutes sortes de demandes, il faut toujours garder à l’esprit où est la limite de l’intérêt général. En fait, mieux vaut aider l’agriculture de manière indirecte, en entretenant les routes, par exemple.”


Cantines, PLU, etc.


Et là-dessus, tout le monde est d’accord : il existe des leviers. Celui de l’approvisionnement de la cantine municipale, avec des produits locaux et bio, est de plus en plus utilisé : 39 % aujourd’hui, à Bierné, 30 % au Bourgneuf, mais aussi 20 % de bio dans le cahier des charges de la Sodhexo à Renazé.

Le plus évident, ce sont les documents d’urbanisme. Le PLU du Bourgneuf a été réalisé avec “la volonté de maintenir l’activité agricole”décrit Michel Fortuné. “Les exploitations avec des actifs de moins de 50 ans ont été systématiquement classées en A (agricole). Les bâtiments d’anciens noyaux de ferme peuvent être restaurés mais il n’est pas possible de construire une habitation neuve en dehors de l’agglomération.” Bierné aussi a rédigé son PLU fin 2013, en décidant de “garder toutes les exploitations (30). Nous démarrons maintenant une réflexion conjointe entre élus et agriculteurs, sur la transmission”explique la maire Marie-Noëlle Tribondeau. Ces communes ont aussi fait le choix d’une fiscalité incitative, en exonérant d’impôt foncier les jeunes agriculteurs, pendant cinq ans.

Pour Daniel Lenoir, maire de Villaines-la-Juhel, “notre rôle est de faire en sorte que l’agriculteur vive correctement dans son activité quotidienne. Les collectivités font des efforts sur les services, les écoles, qui sont importants pour la vie des agriculteurs”. A Renazé, la collectivité (via la communauté de communes) a participé au financement du hangar de la Cuma. Cela n’installe pas un jeune, mais contribue à un environnement dynamique.

La mairie peut se poser en facilitateur, en intermédiaire. A Bierné, suite à un arrêt d’activité anticipé, les élus et le propriétaire ont travaillé de concert pour trouver un repreneur et éviter que l’exploitation ne parte à l’agrandissement. La collectivité peut aussi “intervenir pour régler les conflits d’usage, entre les agriculteurs et leurs voisins” estime Daniel Lenoir.

Mais concrètement, “nous avons du mal à intervenir sur la transmission” explique Michel Fortuné. Un maire ne peut pas tout, à son niveau.

Rémi Hagel




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Rémi Hagel

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