Publié le
Vendredi 3 octobre 2014

Comment gérer ses prairies pour les valoriser longtemps ?

Les choix des espèces et les mélanges m'ont permis d'allonger la période de pâturage” explique Philippe Bouget, agriculteur à Denée (Maine-et-Loire). Ici, les prairies temporaires rentrent dans la rotation. Les parcelles pâturées durent entre cinq et huit ans. “Elles tiennent plus ou moins longtemps en fonction des conditions d'exploitation, de la météo et du terroir, mais je les casse en moyenne au bout de sept ans, quand il y a des trous et plus assez de trèfle” Quant aux prairies de fauche, sur les parcelles les plus éloignées de l'exploitation, elles sont exploitées trois ans.


Travail simplifié pour l'implantation



Philippe Bouget a abandonné le labour il y a six ans. Dans la rotation, il cultive deux années de mélange triticale, avoine, vesce, pois fourrager avant d'implanter une prairie. “De cette façon, j'ai des prairies plus propres, avec moins de mouron.” Après la moisson, il passe un déchaumeur à disques indépendants, un Catros de chez Amazone acheté en Cuma. Il apporte alors 14 tonnes de fumier puis retravaille au cover crop. Ensuite, un passage de rouleau Cambridge précède le semis en combiné. Pour obtenir un bon nivellement du sol, Gérard Poujol, animateur Cuma conseille de déchaumer deux fois, en croisant les passages à 15 degrés d'angle par rapport à la ligne de semis.


Les prairies destinées au pâturage sont semées avec 4 kg de fétuque élevée, 4 kg de dactyle, 3 kg de pâturin, 2 kg de RGA tardif, 2 kg de RGA demi-tardif diploïde, 4 kg de trèfle blanc et violet, 3 kg de lotier. Les prairies de fauche sont semées avec 5 kg de RGH, 5 kg de fétuque élevée, 5 kg de dactyle, 4 kg de trèfle blanc agressif, 10 kg de trèfle violet, 5 kg de trèfle incarnat et 10 kg de squarrosum. Ce dernier trèfle rapide donne beaucoup de volume et a un pouvoir étouffant sur les mauvaises herbes “mais il faut ensiler assez tôt sinon les plantes deviennent comme du bois”. Pour la fertilisation des prairies, 8 à 10 tonnes de fumier vieilli de la campagne précédente sont apportées tous les deux ans. Coté entretien, Philippe Bouget est équipé de la herse étrille et de l'aérateur A-airsol qu'il passe à l'automne et au printemps, selon les besoins.



Un pâturage tournant bien pensé



Les 50 vaches en production tournent sur des paddocks de 1 à 1,1 ha. En février et mars, elles y restent une journée, puis en mai et juin 3 à 5 jours. 15 ha suffisent à cette période de pleine herbe. Puis, les parcelles plus éloignées qui ont été ensilées ou enrubannées, sont réintégrées dans le système. “On passe alors à 25 ha sur juin et juillet.” Ainsi, les laitières reviennent quatre fois dans les paddocks sur la saison. Après leur passage, l'éleveur fait pâturer les vaches taries pour gérer les refus et éviter les touffes de dactyle et fétuque.



Une ration à dominante pâturage



L'herbe pâturée représente les 2/3 de la ration des laitières de fin mars jusque fin juillet, (même fin août en 2014), puis 50 % à l'automne. L'hiver, les vaches ne pâturent pas, elles reçoivent de l'ensilage d'herbe (15 ha) ou de l'enrubannage. Le foin est présent toute l'année au cornadis. 1,5 à 2 kg de mélange céréalier complète la ration et un complément de 2,5 kg de maïs ensilage est apporté de novembre à mars. Quant aux génisses, elles sont nourries 100 % à l'herbe et pâturent jusqu'à l'automne (période de regroupement des vêlages) les prairies qui ont été fauchées en première coupe. Cette gestion permet à l'agriculteur d'être autonome dans l'alimentation des animaux. Toutefois, “ce qui est vrai une année ne l'est pas l'année suivante, il faut toujours s'adapter”.


Le journal
4 décembre 2020 - N° 49
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