Publié le
Vendredi 30 octobre 2015

Choisir une machine pour tous, pas simple

En Mayenne, les surfaces à battre ne baissent pas, mais les charges, elles, se diffusent. L'augmentation du prix du matériel et la perte du nombre d'adhérents sont les principales causes d'augmentation des charges en Cuma (1). Ce dernier élément est primordial dans le choix des acquéreurs : faut-il augmenter les débits de chantier ? La qualité du service, et comment ? Ou bien rationaliser les coûts ?
La fédération départementale a réalisé un petit sondage auprès des 69 Cuma de récolte (ensilage et céréales), au printemps. Seize d'entre elles ont répondu. Les résultats illustrent la diversité des approches mais montrent aussi que les trois quarts se trouvent confrontées à la problématique du renouvellement (le parc total de récolte sur le département est de 50 machines).


Le débit primordial,
de plus en plus



Les agriculteurs sont de plus en plus pressés pour moissonner. La fenêtre de tir se réduit à 8-10 jours par an. Les fenêtres météo sont également plus resserrées du nord au sud du département, depuis une vingtaine d'années (semis plus tôt au nord, variétés précoces, etc.) Les surfaces par exploitation sont, elles, plus importantes.


Certains groupes vont donc vouloir miser sur le débit de chantier ; ce qui, dans la plupart des cas, implique du matériel neuf. “Les hybrides (ou non conventionnelles), commencent à se développer” sur le terrain, observe d'ailleurs Hervé Masserot, technicien machinisme à la FDCuma de la Mayenne. Leur débit : environ 3 ha/heure.



Une réticence
aux échanges



Les échanges entre secteurs peuvent aussi contribuer à améliorer la cadence des chantiers de récolte : avec plus de machines, dans un coin au même moment, avant de se déplacer quelques jours plus tard. Les échanges permettent aussi d'amortir les moissonneuses. Mais le petit sondage de la fédération met en avant les réticences à porter les intercuma : la peur de ne pas disposer des machines au moment optimum est le frein principal. “Ce n'est pas la même pression qu'avec les ensilages, étalés sur un mois, un mois et demi”, souligne Hervé Masserot.


Certains agriculteurs ont pu être échaudés par de mauvaises expériences : la machine étant repartie ou pas encore arrivée quand il fallait aller dans les champs. Ces derniers préfèrent alourdir leurs charges à l'hectare (à 150 euros) mais disposer de leur propre machine, toujours disponible. Un choix assumé, qui leur génère moins de stress à la période de travaux.


Des Cuma (ou des ETA) pratiquent néanmoins les échanges, à plus ou moins longue distance. A 30 km ou dans d'autres départements. A l'inverse, pour rester réactifs, des groupes restent à une échelle plus petite, préférant acheter de l'occasion, pour limiter l'investissement. Ils restent ainsi plus autonomes, quitte à conduire les machines eux-mêmes.



La question des pailles



Un autre critère joue dans le choix des machines, en région d'élevage : plus que les coûts, c'est la perte de paille qu'implique un bon débit de chantier. Or, récolter la paille est aussi un moyen de réduire ses charges d'exploitation…


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18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
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