Publié le
Vendredi 1 juillet 2016

Brexit : quel impact sur l’agriculture ?

“Il est très peu probable que le gouvernement britannique décide d’abaisser ses normes car l’Europe va rester son principal débouché commercial”, explique Lucia Zitti, économiste au NFU. En effet, 60 à 65 % des exportations anglaises sont à destination des pays membres de l’UE et 70 % des importations se font en provenance de l’Europe.


Pac : 53 % du revenu des agriculteurs britanniques



Pour la profession agricole, la principale inquiétude porte sur les paiements de la Pac qui 53 % du revenu des agriculteurs britanniques. Mardi, Meurig Raymond, président du NFU, a écrit au commissaire Phil Hogan pour avoir l'assurance que les paiements resteraient en place jusqu'en 2020. Les deux hommes s'étaient déjà parlé vendredi dernier, à l'issue du vote sur le Brexit.


“Nous entrons dans une période d'incertitude pour notre agriculture” a estimé le syndicaliste. “Une chose est sûre, c'est que nous ferons pression sur le gouvernement pour que les politiques proposées dans les prochains mois garantissent une industrie agricole rentable, productive et compétitive.” La crainte du NFU est celle déjà exprimée par l'Irlandais Phil Hogan : “Aujourd'hui, il n’y a pas de garanties du Trésor britannique de pouvoir se substituer au soutien de la Pac qui atteint au Royaume-Uni 3,710 milliards d'euros en 2014”, soit 7,5 % des fonds agricoles européens dépensés cette année-là, dont 86 % pour les paiements directs. Du maintien ou non du niveau des aides agricoles dépendra les revenus des agriculteurs britanniques. Dans les filières bovines et ovines, très dépendantes des aides à la production, certains éleveurs envisagent déjà de réduire leur cheptel.



Fort déficit des échanges agroalimentaires



Autre inconnue, les exportations britanniques. Dans le secteur agricole et agroalimentaire, elles s'élevaient en 2014 à 23,809 milliards d'euros, dont 61 % réalisés avec les partenaires de l’Union. Dans le même temps, les importations du Royaume-Uni dans ce secteur ont atteint 50,123 milliards d'euros, dont 37,109 milliards en provenance du reste de l’Union. Les échanges agricoles et agroalimentaires britanniques se sont ainsi soldés en 2014 par un déficit de 26,313 milliards, seules les boissons enregistrant un excédent global.


Avec sa sortie de l'Europe, le Royaume-Uni risque d'avoir moins d'influence sur les accords commerciaux avec les pays tiers, tout en devant respecter les exigences communautaires. Reste que l'hypothèse d'un retour des droits de douane inquiète plusieurs secteurs de production, ovin ou arboricole en particulier. La baisse de la livre sterling devrait accroître l'écart de compétitivité avec l'agneau anglais, et le risque de voir encore baisser la consommation en France. Quant aux pommes françaises, dont le Royaume-Uni est le premier débouché (120 000 t en 2015), les commandes pourraient chuter avec la dévalorisation de la livre.


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