Publié le
Mardi 27 octobre 2020

Bovins lait : investissement et fonctionnement sont liés

Le cout global d'un bâtiment vaches laitières varie de 412 ¬ à 637 ¬/VL/an suivant les types de bâtiments.
Le cout global d'un bâtiment vaches laitières varie de 412 ¬ à 637 ¬/VL/an suivant les types de bâtiments.

Le coût d'investissement constitue un élément majeur dans le raisonnement des projets de bâtiment. Y intégrer le coût de fonctionnement permet de l'envisager sur la durée d'utilisation du projet, dans un contexte laitier perturbé qui manque souvent de lisibilité pour l'éleveur.

L'étude du coût global avant investissement présente des intérêts. Celui notamment d'évaluer un bâtiment non pas seulement sur le coût de construction, mais aussi sur les coûts de fonctionnement tout au long de leur vie. Ainsi, le coût global annuel correspond à la somme des annuités d’investissement et des frais de fonctionnement annuels.

Les chambres d'agriculture du Grand Ouest ont étudié les pratiques d'une centaine d'éleveurs. Hors traite et distribution des stabulations vaches laitières, elles ont pu approcher le coût global avant investissement en modélisant les coûts de fonctionnement pour dix-sept types de bâtiments.

Coût de fonctionnement : jusqu'à 40 %

Le coût global intègre la fourniture de la litière, les équipements nécessaires pour réaliser les tâches d'apport de litière, d'entretien et de gestion des déjections jusqu'à l'épandage et la main-d'œuvre. Le coût de fonctionnement représente une part non négligeable de l'ensemble : de 20 % pour les logettes caillebotis à 40 % pour les aires paillées. Selon les types de bâtiments, le coût global varie de 412 à 637 €/vache/an.

Avec un coût total annuel de 495 euros par vache laitière, le bâtiment sur aire paille raclée avec lisier, logeant 63 vaches, se situe dans la moyenne comparé aux autres bâtiments. Il reste un bâtiment intéressant du fait de la production de deux déjections bien distinctes, à savoir un fumier très compact pailleux issu de l’aire de couchage et un lisier issu de l’aire d’exercice raclée, et de son évolution possible en logettes.

Le coût global d'un bâtiment varie notamment en fonction du temps d'utilisation, c'est-à-dire du temps de présence des animaux et de la quantité de litière apportée, en distinguant si elle est auto-produite sur l'exploitation ou si elle est achetée à l'extérieur. Doivent aussi être pris en compte les besoins en stockage pour cette litière, les équipements pour l'apporter et pour gérer les déjections jusqu'à l'épandage.

Déterminer sa capacité à rembourser de nouveaux emprunts

Il n'est souvent pas suffisant d’associer coût d’investissement et coût de fonctionnement pour comparer les solutions qui s'offrent à l’exploitant. "Il faut aussi tenir compte des éventuels produits supplémentaires liés aux modifications de pratiques (améliorations sanitaires) ou au contraire à des charges associées indirectement (augmentation du coût alimentaire, etc)", indique l'étude.

Avant tout projet d'investissement, la connaissance de sa capacité à rembourser de nouveaux emprunts est une base de gestion. "Cette capacité dépend avant toute chose de la performance technico-économique de la structure, de la rémunération souhaitée et du niveau d’emprunts existants." C'est donc dans le cadre d'une approche globale que ces éléments économiques indispensables doivent être confrontés à d'autres aspects, qu'ils soient humains ou agronomiques.

Christian Evon
Le journal
4 décembre 2020 - N° 49
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