Publié le
Vendredi 17 avril 2020

Avec Aliplus, “cela fait neuf ans que je n’ai pas acheté de soja”

Après avoir été broyée finement, la céréale est mélangée à 2/% d’Aliplus et un peu d’eau, avant d’être stockée en bâtiment sans bâche.
Après avoir été broyée finement, la céréale est mélangée à 2/% d’Aliplus et un peu d’eau, avant d’être stockée en bâtiment sans bâche.

Développé depuis 2013 par Samuel Michaud, Aliplus se fait une place dans les élevages. Reposant sur la valorisation des céréales produites sur l'exploitation, l'additif constitue un outil pour retrouver l'autonomie alimentaire. Et sur les élevages référents, la réduction des coûts s'accompagne d'un gain de production et d'une amélioration de la santé animale.

En Auvergne, on a la réputation de ne pas gaspiller”, plaisante Samuel Michaud, créateur d’Aliplus. Derrière son air réservé, l’éleveur charolais venu de l’Allier sait manier l’humour quand il faut défendre un projet imaginé il y a de ça dix ans. “Cela fait bientôt neuf ans que je n’ai pas acheté d’aliments industriels, de soja, de tourteau.”

Viser l’autonomie alimentaire ? Voilà son pari en créant Aliplus, un additif permettant de valoriser les céréales dans l’alimentation des ruminants, vache, mouton ou chèvres. Parmi les 14 composants : de l’urée, des extraits végétaux, des oligo-éléments ou encore de l’argile. Un alliage permettant la concentration protéique des rations. “Sur un blé à 12 de protéines, on va arriver à 16,5 de protéines, équilibré en général autour de 115 PDIN / 115 PDIE”, détaille celui qui s'est intéressé de près au fonctionnement du rumen. “Cela permet aussi une élévation du pH des céréales, la pré-hydrolyse de l’amidon et de la cellulose.”

Des céréales sans risque d'acidose

Depuis le début de sa commercialisation en 2013, le produit convainc de plus en plus d’éleveurs. Que ce soit pour ses 70 Prim’Holstein ou pour ses 180 taurillons charolais et limousins en engraissement, Serge Lecoq intègre Aliplus dans ses rations depuis 2017 [lire en encadré]. Comme lui, ils sont désormais 1 700 éleveurs à l’utiliser. “Trois fois par an, je broie 200 tonnes de blé et d’orge auxquelles sont ajoutés 2 % d’additif et de l’eau”, explique l'éleveur de Loire-Atlantique. Ce mélange est ensuite stocké sous un hangar, sans bâche, pour une distribution à partir de quinze jours de maturation et une conservation pouvant aller jusqu'à neuf mois.

De quoi améliorer la valeur alimentaire des céréales produites sur l’exploitation, sans risques d’acidose. “L’Aliplus agit en recréant un équilibre vivant dans le rumen et en nourrissant les micro-organismes présents”, précise Samuel Michaud. Et c’est l’état sanitaire de tout le troupeau qui s’améliorerait, avec la baisse des cellules chez les vaches comme premiers effets. “Nous avons l’esprit beaucoup plus tranquille avec aussi moins de mammites. Cette année, nous avons eu seulement deux mammites colibacillaires”, témoigne Serge Lecoq.

Côté production, les effets seraient également bénéfiques. “En viande bovine, la durée d’engraissement diminue, le poids des carcasses augmente (+30 kg en moyenne), les classements sont supérieurs et la valeur nutritionnelle de la viande est améliorée”, expose l’Auvergnat, qui devrait prochainement ouvrir un restaurant. En lait, Serge Lecoq, avec ses vaches en stabulation toute l’année est passé de “680 000 à 703 000 litres de lait sur une année, soit une production comprise entre 34 et 36 kg par vache et par jour”.

22 kg d'Aliplus pour une tonne de céréales

Un tableau prometteur qui demande néanmoins “de raisonner la nutrition autrement”. Si Aliplus ne compte aucun commercial, les nouveaux utilisateurs peuvent s’appuyer sur une trentaine d’élevages référents et douze ETA équipées pour le traitement des céréales. “En une journée, l’entreprise France Aliplus Atlantique, qui vient de Vendée, me permet de passer 200 tonnes dans la journée”, explique Serge Lecoq. Blé, maïs grain, seigle, épeautre ou encore méteil doivent être broyés finement et mélangés à de l'eau et 2 % d’Aliplus, soit un sac de 22 kg par tonne brute. Un procédé permettant de tendre vers l’autonomie alimentaire et donc de meilleurs résultats financiers. Et Samuel Michaud de conclure : “On n'a pas besoin d’aller chercher des produits qui viennent de loin, il y a tout ce qu’il faut sur nos fermes”.

Après avoir été broyée finement, la céréale est mélangée à 2 % d’Aliplus et un peu d’eau, avant d’être stockée en bâtiment sans bâche.

Clément Gahéry
À noter

Retrouvez la vidéo de l'interview de Samuel Michaud sur notre nouveau site internet www.aveniragricole.fr

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18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
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