Publié le
Vendredi 29 novembre 2013

Angela Merkel cède sur le salaire minimum à 8,50 €

Le 27 novembre,dans le cadre de l’accord pour un gouvernement commun, trouvé entre l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel et les sociaux-démocrates (SPD), la chancelière allemande a dû accepter de mettre en place en Allemagne un salaire minimum de 8,50 € de l’heure qui entrerait en vigueur au 1er janvier 2015. Une victoire pour les salariés allemands de l’industrie des viandes. Moins sûr que les travailleurs détachés en bénéficient.

Après plusieurs semaines de négociations pour la mise en place d’un programme gouvernemental commun, il s’agit d’une victoire significative pour le SPD. “Une appréciation réaliste montre que les socio-démocrates ne vont pas conclure les négociations sans le salaire minimum généralisé”, a-t-elle justifiée. L’Allemagne sera le 21e pays de l’Union européenne à se doter d’un salaire minimum. “Si cette décision se met réellement en place, c’est un vrai élément de convergence économique entre les entreprises allemandes et les nôtres”, se réjouit Pierre Halliez, directeur général du Sniv-SNCP (entreprises françaises des viandes) et président du Collectif contre le dumping social en Europe. Depuis plusieurs années, les filières françaises des viandes s’inquiètent du défaut de compétitivité de leurs abattoirs liés, entre autres, aux bas salaires des travailleurs détachés dans les industries allemandes.

Victoire en demi-teinte


“Dans les abattoirs, il y a très peu de salariés allemands sur les chaînes de découpes ou d’emballages”, explique Héloïse Claudon, en mission en Allemagne pour la Confédération paysanne. Ce sont des postes occupés en grande majorité par des travailleurs détachés des pays de l’Est. Héloïse Claudon raconte : “Sur les 1 500 salariés de l’entreprise que j’ai visité, 1 000 sont des travailleurs détachés qui occupent les postes de découpe, d’emballage...500 sont des travailleurs allemands qui occupent les postes administratifs." Le salaire minimum généralisé devrait bénéficier aux salariés allemands quels que soient leurs postes. Mais les travailleurs détachés qui occupent les postes “dont les Allemands ne veulent pas” (faible salaire, forte pénibilité) n’en bénéficieront pas forcément. Le Collectif contre le dumping social en Europe émet des réserves concernant les annonces de la chancelière. “Nous attendons de voir s’il y a une traduction possible de ce Smic dans les contrats de détachement des travailleurs étrangers”, commente Pierre Halliez. Reste aussi qu’Angela Merkel n’a précisé ni le niveau de ce salaire minimum généralisé ni, non plus, la date de sa mise en application.

Allemagne.

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