Publié le
Vendredi 8 avril 2016

“Plus le système est autonome, plus il est viable et efficace”

Les chambres d’agriculture des Pays-de-la-Loire ont étudié cette question de l’impact du lien au sol sur les performances économiques et environnementales, en comparant trois cas type en système naisseur engraisseur : le cas type “faible” dispose de 0,07 ha de SAU par truie. Le “moyen” se situe à 0,35 ha de SAU par truie et le système “fort” est à 0,7 ha de SAU par truie. Ces cas concrets, représentatifs de la diversité des situations, ont des performances techniques identiques, correspondant au tiers supérieur des résultats GTE et mènent une conduite des cultures optimisée (fertilisation, mécanisation).


3,2 Smic par UTH familial



Identiques du côté technique mais pas sur les plans économique et environnemental ! En effet, l’autonomie économique (marge brute globale / produit brut) augmente avec le lien au sol et est renforcée par la Faf. Elle est de 25 % pour le “faible” contre 43 % pour le “fort”. “Le fort gagne sur la fertilisation, réduit son coût alimentaire et est moins sensible à la conjoncture”, expliquent Anna Bordes et Philippe Grimaud des chambres d’Agriculture. Même constat pour l’efficacité économique, exprimée par l’EBE / produit brut : 15 % pour le “faible” avec 110 814 € d’EBE par UTH familial, face à 30 % pour le “fort” avec 131 675 € d’EBE par UTH familial (2). “La marge brute supérieure lui permet de diluer les charges de structure et de main-d’œuvre et donc d’être plus efficace.” En découle un revenu disponible plus confortable chez le “fort” avec 3,2 Smic par UTH familial que chez le “faible” qui affiche 2 Smic. “Avec un EBE supérieur, le fort a plus de capacité à dégager du disponible.” Ces résultats économiques associés à “des bâtiments plus récents sont des atouts pour la transmission”.



Un système plus durable



Niveau environnemental, le système “fort” se défend mieux aussi. La consommation d’énergie totale sur l’exploitation diminue avec l’augmentation du lien au sol car le poste aliment représente les deux tiers de la consommation. “Le poids énergétique induit par les cultures autoconsommées est inférieur au coût en énergie de l’équivalent aliment acheté à l’extérieur.” En revanche, question émission de gaz à effet de serre (GES), le système “fort” est moins bien placé. “Cela s’explique par la part du tourteau de soja très présent dans les formules Faf en Pays-de-la-Loire.” Ces émissions de GES pourraient être réduites avec des formulations ayant moins recours au soja importé. L’étude sera poursuivie pour déterminer un niveau optimal de lien au sol “qui soit satisfaisant d’un point de vue économique et environnemental, sans doute entre 0,35 et 0,70 ha de SAU par truie”.



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