Publié le
Vendredi 6 septembre 2013

“Nous travaillons à produire des fruits savoureux et bons pour la santé”

Eric Martineau
Eric Martineau

Eric Martineau est arboriculteur à Chenu (Sarthe) et président du groupement de producteurs La Renaissance ouvrait les portes de son “verger éco-responsable” au public, le week-end dernier.

Quel est le sens de cette manifestation “vergers éco-responsables” ? 

C'est la troisième année que l’Association Nationale Pommes Poires (ANPP) lance cette opération au niveau national pour permettre au public de découvrir les pratiques éco-responsables. Le but est de nous faire connaître et de montrer comment nous produisons les fruits. Ici, vous pouvez manger sans risque les pommes dans l'arbre. Je ne dis pas que le verger n'est pas traité. D'ailleurs, même en agriculture biologique on est obligé de traiter contre les maladies et ce verger n'est pas bio. Il y a donc une protection chimique (pilotée par les modèles de prévision) en particulier contre la tavelure, mais qui s'arrête au mois de juin, c'est-à-dire assez longtemps avant la récolte pour que les fruits soient sans risque. Si les fruits portaient des taches de tavelure, ils seraient non commercialisables. Et même certains transformateurs -Materne par exemple- les refusent. Quant à la lutte contre les insectes, on la confie à la biodiversité : à certains insectes auxiliaires qu'on apporte dans le verger et à d'autres qu'on préserve dans le verger. On ne va pas les détruire par des traitements inconsidérés. Nous installons également des nichoirs pour les mésanges, remarquables contre quantité de chenilles.
Mais vous ne parlez pas des abeilles ...

Il y a eu en effet un accident grave avec les abeilles de plusieurs apiculteurs l'an dernier au printemps. Les résultats de l'enquête ont été restitués au moins de juin dernier (1) mais ils n'ont pas donné la cause de la mortalité des abeilles sinon qu'elle était d'origine phytosanitaire. Je regrette que la communication ait été aussi mauvaise sur ce sujet parce qu'elle entretient un mauvais climat de suspicion, y compris entre professionnels. Nous aurions aimé en savoir plus pour que l'erreur ne soit pas reproduite. Mais le dossier n'est pas clos et je garde encore tous les échantillons qui ont été prélevés à l'époque.

Pourquoi les arboriculteurs ne sont-ils pas plus nombreux dans la démarche
éco-responsable ?

Beaucoup travaillent de cette façon mais recevoir du public et organiser des portes ouvertes est une autre affaire. C'est dommage parce que les occasions ne sont pas si fréquentes de montrer tout le soin qui est apporté à la production. Ne serait-ce que la date de récolte : cette année, elle a deux semaines de retard ; elle commencera ici à la mi-septembre et tant pis s'il y a des commandes avant. Ceux qui vendent des fruits mûris après récolte font du tort parce que ces fruits ne sont pas savoureux comme ils devraient l'être. Il y a plus de différences dues aux pratiques qu'entre les variétés.

Christophe Zapata

Christophe Zapata

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